La Grande Librairie

 

Chaque semaine, François Busnel suit l'actualité littéraire en invitant des auteurs, français ou étrangers,

pour parler de leur dernier livre.

 

Voici les auteurs invités cette semaine

  • Le Ghetto intérieur racontait le silence en 1945 de celui qui deviendrait le grand-père de l'auteur, Vicente Rosenberg qui émigra à Buenos-Aires. Le Premier Exil s'ouvre sur la mort, vingt ans plus tard, dans cette même ville, de l'arrière-grand-père maternel, l'abuelo Zeide, un Juif originaire de Kiev. Mais la famille du narrateur a dû fuir l'Argentine pour l'Uruguay, et échapper à la dictature, après le coup d'État militaire en 1968 du général Juan Carlos Onganía. Santiago Amigorena avoue avoir mis des années à écrire ce livre parce qu'il raconte un âge plus mystérieux que tous les autres qui, pour lui, a commencé quand il avait six ans par un premier exil d'un pays, l'Argentine, dans un autre, l'Uruguay, et s'est achevé à douze ans par un second exil, en Europe cette fois, et d'une langue, l'espagnol, en une autre, le français. Avec un sens de l'autodérision et du drame, il fait l'histoire des origines de son propre silence, de sa relation tourmentée au langage, de ses traumas, de son apprentissage de la vie, et de l'intuition première de la puissance de la littérature dans une existence. Derrière ce récit d'une enfance inquiète, laconique, d'un destin bouleversé, le livre dresse aussi le portrait du continent sud-américain que recouvre peu à peu une nuit sanglante, où la torture et les disparitions deviennent routinières.

  • Bellissima

    Simonetta Greggio

    « Qu'est-ce qui m'a poussée, jeune fille, à abandonner mes proches, ma maison, ma langue maternelle ?
    Pourquoi ai-je laissé derrière moi mes amis, mes petits frères, ma mère, mon pays ?
    Qu'est-ce qui fait qu'un homme tendre comme mon père est devenu un monstre, à un moment donné ?
    Quel est ce mal qui m'a rongée jusqu'à presque en crever ?
    Cela s'appelle Italie : ma douleur, mon amour, ma patrie.
    Un pays qui n'a pas fait les comptes avec le fascisme dont il fut l'inventeur.
    Un pays comme une famille, plein de secrets - bruyants, destructeurs, meurtriers. ».

    Après Dolce Vita 1959-1979 et Les Nouveaux Monstres 1978-2014, Simonetta Greggio poursuit son « autobiographie de l'Italie ». Pour la première fois, elle raconte l'histoire de sa famille, de ses parents, et la sienne. À la violence intime répondent les années sombres et rouges de l'Histoire.

    Sur commande
  • Marie Blanche

    Jim Fergus

    1995, région des Grands Lacs. Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, Renée, 96 ans. Fille d'aristocrates français désargentés, mariée trois fois, celle-ci a connu un destin hors du commun, qui l'a menée de son petit village natal de la région de Senlis jusqu'aux États-Unis, en passant par les sables de l'Égypte. D'un caractère entier, froide et tyrannique, elle a brisé la vie de sa famille, en particulier celle de sa propre fille, Marie-Blanche, la mère de Jim. Pour essayer de la comprendre, et peut-être de lui pardonner, celui-ci va tenter de retracer son parcours.



    En parallèle, à travers le journal intime de sa mère, l'écrivain nous fait entrer dans l'intimité de celle-ci. Internée en 1966 dans un asile de Lausanne, Marie-Blanche se souvient de sa vie, commencée comme un conte de fées mais qui prit peu à peu des allures de tragédie.

  • Soleil amer

    Lilia Hassaine

    À la fin des années 50, dans la région de l'Aurès en Algérie, Naja élève seule ses trois filles depuis que son mari Saïd a été recruté pour travailler en France. Quelques années plus tard, devenu ouvrier spécialisé, il parvient à faire venir sa famille en région parisienne. Naja tombe enceinte, mais leurs conditions de vie ne permettent pas au couple d'envisager de garder l'enfant...
    Avec ce second roman, Lilia Hassaine aborde la question de l'intégration des populations algériennes dans la société française entre le début des années 60 et la fin des années 80. De l'âge d'or des cités HLM à leur abandon progressif, c'est une période charnière qu'elle dépeint d'un trait. Une histoire intense, portée par des personnages féminins flamboyants.

  • « J'ai cru que l'événement de ces dernières semaines, c'était ma rencontre avec Vincent, mais sur ce chemin qui me menait à lui, j'ai retrouvé la mémoire. Et en ouvrant la trappe où j'avais jeté mes souvenirs, la petite est revenue, elle attendait, l'oreille collée à la porte de mon existence. » Cette histoire nous entraîne sur les traces d'une femme, Mona, qu'une passion amoureuse renvoie à un passé occulté. Un passé fait de violence, à l'ombre d'une mère à la dérive et d'un père tyrannique, qui l'initiait au vol à l'étalage comme au mensonge.
    Le silence, l'oubli et l'urgence d'en sortir hantent ce roman à la langue ciselée comme un joyau, qui charrie la mémoire familiale sur trois générations. De la Tunisie des années 1960 au Paris d'aujourd'hui, Une nuit après nous évoque la perte et l'irrémédiable, mais aussi la puissance du désir et de l'écriture.

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