Akira Mizubayashi

  • âme brisée Nouv.

    Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du Japonais Yu, professeur d'anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l'Empire est en train de plonger l'Asie.
    Un jour, la répétition est brutalement interrompue par l'irruption de soldats. Le violon de Yu est brisé par un militaire, le quatuor sino-japonais est embarqué, soupçonné de comploter contre le pays. Dissimulé dans une armoire, Rei, le fils de Yu, onze ans, a assisté à la scène. Il ne reverra jamais plus son père... L'enfant échappe à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui, loin de le dénoncer lorsqu'il le découvre dans sa cachette, lui confie le violon détruit. Cet événement constitue pour Rei la blessure première qui marquera toute sa vie...
    Dans ce roman au charme délicat, Akira Mizubayashi explore la question du souvenir, du déracinement et du deuil impossible. On y retrouve les thèmes chers à l'auteur d'Une langue venue d'ailleurs : la littérature et la musique, deux formes de l'art qui, s'approfondissant au fil du temps jusqu'à devenir la matière même de la vie, défient la mort.

  • L'espace de la salle de bains, espace souvent anodin, ou exigu en Europe, est au Japon un lieu privilégié où le thème de l'intimité familiale ou amicale se manifeste mieux qu'ailleurs. Le bain japonais est un élément de civilisation, au même titre que la cérémonie de thé, les haïkus ou la voie des fleurs. Si le bain est d'abord associé aux yeux d'un occidental à l'idée de propreté, il est au Japon un savoir-vivre raffiné, poétique, qui rend possible la rencontre de l'autre dans un cadre intime et bienveillant.
    Comme Tanizaki, dans son Éloge de l'ombre, Akira Mizubayashi nous livre dans cette évocation des eaux profondes, le secret d'un coeur japonais mais aussi la vigilance critique d'un homme de son temps dans un pays en crise.

  • «La maladie de Mathilde les avait coupés du monde. Rester des heures entières auprès de sa femme ne lui pesait pas, bien au contraire. La musique devenait alors pour eux comme une prière sans paroles, l'occasion d'un silencieux échange de sourires et de soupirs d'émerveillement.» Ancien professeur de littérature française à Tokyo, Sen-nen vit désormais à Paris avec sa femme Mathilde. Un jour, il reçoit un message de son amour de jeunesse, Clémence, une cantatrice qui interprétait Suzanne dans Les Noces de Figaro. Après trente ans de silence, elle l'invite à une nouvelle représentation de cet opéra, dont elle supervise la mise en scène. Mathilde laisse alors son mari aller à la rencontre du passé.

  • « Le jour où je me suis emparé de la langue française, j'ai perdu le japonais pour toujours dans sa pureté originelle. Ma langue d'origine a perdu son statut de langue d'origine. J'ai appris à parler comme un étranger dans ma propre langue. Mon errance entre les deux langues a commencé. Je ne suis donc ni japonais ni français. Je ne cesse finalement de me rendre étranger à moi-même dans les deux langues, en allant et en revenant de l'une à l'autre, pour me sentir toujours décalé, hors de place. Mais, justement, c'est de ce lieu écarté que j'accède à la parole ; c'est de ce lieu ou plutôt de ce non-lieu que j'exprime tout mon amour du français, tout mon attachement au japonais. Je suis étranger ici et là et je le demeure. » A. M.

  • "Dans un placard dont on a fait un sanctuaire ne ressemblant en rien à un sanctuaire et qui abrite discrètement quelques âmes inoubliables et inoubliées, il y a une petite boîte en bois laqué pour le thé en poudre. Elle contient une toute petite portion des cendres de mon père que j'avais prélevée dans son urne avant qu'elle ne fût mise en tombe. Lorsque j'ai préparé cette boîte mortuaire il y a déjà dix-huit ans, j'ai osé prendre une pincée de miettes d'os pour en goûter. Bientôt, je crois que j'en ferai autant pour Mélodie dont je garde toujours l'urne près de moi sur l'emplacement exact de son matelas. Je me procurerai une autre boîte en bois laqué pour y mettre quelques cuillerées de poudre d'os et une partie de l'omoplate ou d'une côte. Le reste sera répandu dans le jardin ou ailleurs pour retourner à la terre." Akira Mizubayashi

  • Caribaï est une artiste née à Tokyo en 1984.
    Elle est titulaire d?un Diplôme National Supérieur d?Expression Plastique (DNSEP, Fr, 2008). Elle vit et travaille à Bruxelles depuis 2009 et expose régulièrement son travail depuis 2004 en France et en Belgique où elle a reçu plusieurs prix et bourses de soutien à la création.

    « Caribaï est une peintre japonaise. Elle est née franco-vénézuélienne à Tokyo. Elle a passé les toutes premières années de son enfance dans la capitale nipponne. En garde-t-elle des images, des impressions sonores ou olfactives ? Certainement. Mais ce n?est pas pour cela qu?elle est peintre japonaise. Son ?uvre que je regarde fait d?elle une artiste japonaise. Rien de moins, rien de plus. » Akira Mizubayashi

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