Phileas Fogg

  • Pont de Fer, pont des Voleurs, pont de Neufcourt, pont de Rosières.
    Etre au-dessus de l'eau tout en conservant les pieds secs. Le beau privilège. Passe l'eau. et repasse, et nous autres comme couchés sur elle dans son lit de bronze miroitant parsemé de chevelures d'algues. Est-ce la vie alors que contemplent en dessous de leur bras noués les amoureux innombrables qu'attirent les ponts sur les rivières ?

  • " tu n'étais plus la même.
    Ton casque de guerrière mortifère avait des allures de couronne barbare. tu n'avais plus de serres griffues mais des extrémités fines, claires. douces d'avoir connu la caresse. " lors d'une randonnée dans les volcans d'auvergne, un homme se souvient. il découvre combien les majestés romanes ont marqué sa vie. vierges d'orcival ou de saint-nectaire, vierges noires du puy ou de marsat, majestés d'heume-l'eglise et de vauclair, toutes ont quelque chose à lui apprendre.
    Homme de peu de foi, il s'interroge sur ce que ces statues d'un autre âge peuvent signifier aujourd'hui.

  • Marc saltet a été architecte en chef, conservateur du domaine national de versailles pendant près de vingt ans.
    Nul mieux que lui ne connaît le palais. il en a exploré les moindres détails.
    De lui, olivier messiaen qui le recevaient à l'académie des beaux-arts disait : " marc saltet, vous êtes architecte. un architecte qui a fait avec versailles et trianon un pacte d'amour [...] mais êtes-vous seulement architecte ? non. vous êtes jardinier, fontainier, intendant, électricien, organisateur, caissier, plombier, et à l'occasion maître d'hôtel, décorateur, fleuriste.
    Plus exactement, vous êtes un architecte qui sait faire tout cela et qui apprendrait encore d'autres métiers si c'était nécessaire à la bonne marche de ses travaux. "

  • Une mission de l'Unesco conduit l'auteur à Pagan, dans les ruines de l'ancien royaume birman.
    Il emporte dans ses bagages une canne à tête de canard acquise bien des années plus tôt, espérant en apprendre un peu plus sur cet étrange objet. La canne a été fabriquée par les Was, dont les guerriers avaient coutume, il y a peu, de se régaler du foie et des oreilles des ennemis abattus. Ils se sont désormais tournés vers une culture frénétique de l'opium. Explorer leur contrée interdite expose aux péripéties tragi-comiques de la semi-clandestinité, à la duplicité de guides marrons comme à la cupidité de prostituées perchées dans les arbres...
    Le récit évoque les brèves épopées de Joseph Conrad. On croit évoluer en plein roman ; ce n'est, simplement dite, que la vérité.

  • Comme un double de l'actualité littéraire des plus grands auteurs de son temps - Chateaubriand, Eugène Sue, George Sand, Hugo, Defoe ou Damas - le caricaturiste Cham fit paraître dans le Musée Philipon une suite de parodies mêlant avec pertinence et impertinence des charges écrites et des attaques graphiques.
    Son connaisseur de la littérature de son temps, Cham y mit à nu les artifices et y déforma les recettes des écrivains dont il fit ses victimes, en un exercice souvent plus efficace que la critique, littéraire " sérieuse " dont il s'approcha pourtant parfois, mais en usant du rire - une arme à l'efficacité redoutable.

  • Angoisse-

    Collectif

  • Pascale et Antoine Boudesseul végétaient benoîtement.
    Ils ne voyageaient pas. Une rencontre inopinée les transforme en globe-trotters. Turquie, Thaïlande, Égypte, Tanzanie, Maroc... Ils prennent le train du monde en marche, meilleur moyen de tomber sur le derrière. Sous leurs yeux ébahis se dessine une étrange planète, la nôtre, outrageusement apprêtée pour le tourisme à dix balles.

  • Le mammouth occupe une place singulière dans nos représentations.
    Espèce éteinte mais présente en chair et en os dans les sols gelés de Sibérie, il appartient au passé. Il touche à l'imaginaire de l'enfance, à celui de ces âges farouches où des animaux géants règnent sur la Terre parcourue de petites hordes d'humains, fragiles. Il interroge notre présent avec la question de l'extinction de cette espèce et des transformations climatiques. Et pourquoi pas notre futur : la science pourrait-elle permettre de redonner vie à cette espèce ? Cet ouvrage explore toutes les dimensions dans lesquelles se déploient ces temps des mammouths : mythes des cultures sibériennes, constructions imaginaires européennes qui ont attribué ces os géants à des créatures fabuleuses, découvertes scientifiques qui ont permis l'identification de l'espèce.
    Il dresse un état des connaissances actuelles sur le mammouth, son environnement, sa biologie, son comportement, sa place dans l'évolution et ses rapports de parenté avec nos éléphants. Il traite, enfin, des rapports que les hommes préhistoriques ont entretenus avec lui : ils exploitèrent tout ce qui pouvait, satisfaire des besoins fondamentaux, mais ils portèrent aussi sur cet animal un regard esthétique comme en témoignent les admirables peintures, gravures et sculptures qui nous sont parvenues.

  • Belleville.
    Années cinquante, un jeune garçon de retour de colonies de vacances découvre d'un oeil neuf son grand-père, vieux ramasseur de Shmattès (vieux vêtements). C'est tout Belleville et ses ruelles, la communauté juive et ses rendez-vous traditionnels dans le vieux Paris qui renaît sous l'oeil à la fois admiratif et étonné du petit garçon. " Mais il était pas criminel, du schnock, pourtant, mon grand-père Dawidowicz Alors c'était quoi d'autre qui clochait ? J'ai jamais su.
    Son allure peut-être. Son allure de chiffonnier. Peut-être qu'il me voyait pas, mon copain, comme le petit-fils d'un chiffonnier, qui avait une ficelle en guise de ceinture et qui fouillait, parfois, dans les poubelles du quartier pour récupérer des vieilles choses récupérables, des trucs enfer, des trucs en bois, des trucs en ficelle de cheval, des trucs pour sa collection de vieux débris pourris à entasser au fond de sa cour puante.
    Ça doit être ça, oui, ça lui semblait pas croyable, au copain, qu'on soit apparentés, lui et moi, ce vieux dégueulasse mal ficelé, qui parlait en plus avec un accent des plus bizarres, qu'était même pas français je te parie, en plus. Et ses oreilles décollées et ses paumes tournées vers la Pologne, en arrière, d'où il venait, ses paumes poilues et ridées de gorilles orangs-outans. "

  • Pont de Fer, pont des Voleurs, pont de Neufcourt, pont de Rosières.
    Être au-dessus de l'eau tout en conservant les pieds secs. Le beau privilège. Passe l'eau, et repasse, et nous autres comme couchés sur elle dans son lit de bronze miroitant parsemé de chevelures d'algues. Est-ce la vie alors que contemplent en dessous de leur bras noués les amoureux innombrables qu'attirent les ponts sur les rivières ?.

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