• Sortie d'usine

    François Bon

    Sortie d'usine : le moment même de la sortie, la débauche, cette bousculade.
    Mais aussi la sortie définitive : la mort, au quotidien de l'usine, ou l'accident, la mutilation. Ou parce qu'on envoie un jour sa lettre de démission, sur un coup de tête, longtemps retardé : et qu'une fois parti se révèle la peur, que jusque dans les rêves persiste la peur de la machine, de l'usine-maison, de l'enfermement dans un temps figé, déchu.
    Sortie d'usine - roman, parce que la fiction qui veut conjurer cette peur, si elle inscrit des figures prises à l'usine, en est déjà isolée : comme ces aperçus qu'on en saisit de la rue, par un portail ouvert.


    Écrire est le fruit d'une lutte. À l'origine il y a le besoin de s'exprimer constamment contrarié par les transports, les bruits d'atelier, les impératifs du rendement. Il y a les mots qui s'accumulent, gangrènent dans la mémoire. Il y a les fantasmes qui empoisonnent et deviennent indissociables des sensations. Et tout, sous le poids des pressions, s'agrège, subit des métamorphoses jusqu'à ce que la pensée atteigne le seuil de l'incompressible. (...) Au plan de l'écriture, il s'agit d'une naissance qui marque le début d'une reconquête. Le langage se redéploie, regagne son volume et plus. (...) Sous-estimer le renversement de perspective opéré dans Sortie d'usine serait s'aveugler sur une part déterminante de la modernité en cours.
    Gérard Noiret, La Quinzaine littéraire, 1982.

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  • Cette biographie retrace le parcours de Bob Dylan, reprend les routes qu'il a empruntées et tente de percer ses secrets et ses mystères pour mieux comprendre l'histoire du compositeur qui aspirait à la gloire sans la supporter et les raisons de son succès fulgurant et qui, cinquante ans après, dure encore

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  • Où finit la ville

    François Bon

    Repérages urbains autour du lac de Grand-Lieu.
    Quand une des plus métropoles urbaines françaises (Nantes) se dissout dans un espace naturel qui révèle ce que cache l'urbanisation forcée.
    Le regroupement et la transformation du territoire français autour de quelques points nodaux, grandes métropoles dont l'expansion et la densité s'accroît sans limite. À Grand Lieu, c'est la ville qui se dissout : là où commence l'espace naturel protégé, la ville doit cesser. Mais qu'on se retourne : le moindre hameau est aspiré par la ville. Lotissements qui sont des HLM à l'horizontale, au mépris de toute sensibilité urbanistique, paysagère ou architecturale ; zones de covoiturages vides et saturation matin et soir du tissu routier pourtant inadapté ; disparition aggravée de ce qui reste des commerces locaux au profit de quelques Hyper U qui sont comme les avancées limite de l'urbain, compensées par des productions écologiques laboratoires. Ajoutez l'aéroport et le conflit à échelle nationale de son remplacement par un autre à Notre-Dame des Landes, un parc d'attraction qui à l'origine exposait un village « Bamboula » mais continue de fleurir. Même dans la beauté nue et sauvage du lac (asséché une partie de l'année), les individus isolés qu'on croise (ornithologues, jogueurs, gardes, où ce qui se réfugie ici des plus précaires de la ville) reste comme une étude sur échantillon laboratoire du destin de la ville.

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  • Paysage fer

    François Bon

    Tout un hiver, chaque jeudi, le train Paris-Nancy.
    On suit la Marne, puis la Meuse et la Moselle.
    Vieilles usines défaites, gares désertes, cimetières au pied des immeubles ... Vient le temps des inondations, ensuite de la neige. De semaine en semaine, l'éclairage diminue, les villes s'allument.
    La cimenterie, la boîte de nuit, c'est à Toul ou à Commercy? À chaque trajet, de cette matière fascinante et profuse, on enrichit le détail par écrit, sans revenir sur l'état premier.
    Travail du regard sur ces apparitions répétées, fragmentaires, discontinues, afin d'inscrire la réalité dans un espace recréé jusqu'à ce que forme et construction l'emportent sur le chaos de la vision - beauté arrachée à un paysage dévasté pourtant tellement riche d'humanité.
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  • François Bon Rolling Stones une biographie Le début est devenu légende : à la gare de Dartford, banlieue sud-est de Londres, deux adolescents de dix-sept ans montent dans le même train, et loeun aborde loeautre parce quoeil a un disque de Chuck Berry sous le bras ? la rencontre en juin 1960 de Mick Jagger et de Keith Richards. Doeautres moments sont passés dans la mémoire collective : Brian Jones qui meurt à vingt-neuf ans dans sa piscine ou bien, cette même année 1969, à Altamont, Meredith Hunter poignardé par un Helloes Angel. Au cours de ces quarante ans doehistoire des Rolling Stones, la drogue, loeamour, la mondialisation des musiques, loeanglais comme esperanto, un peu de rébellion et beaucoup doeargent. Nous avons grandi, nous nous sommes formés dans ces musiques et cette mutation du monde. Sur les Rolling Stones des dizaines de témoignages dispersés permettaient déjà de reconstituer les hasards, loeinvention musicale, mais aussi les rouages économiques qui mêlent au destin doeune poignée de petits hommes singuliers des transformations bien plus larges. Il manquait de les réunir, doeenquêter encore : alors coeest sa propre adolescence quoeon explore. Voici donc, par cette biographie très documentée, le roman doeune époque, où se mêlent les langues, le rock et ses guitares.

    Edition révisée, avec une postface inédite de loeauteur.

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  • " La Lorraine. Dans le paysage de fer et d'acier ravagé par la crise de la sidérurgie, l'implantation à coups de subventions publiques de trois usines du groupe coréen Daewoo, fours à micro-ondes, téléviseurs. Entre septembre 2002 et janvier 2003, fermeture brutale des trois usines [...]. Pourtant, la première fois que j'entre à Fameck dans l'usine vide [...], aucune trace de cette violence sociale qui a jeté sur le pavé 1200 personnes, des femmes surtout. Au cours de mes visites, j'en rencontrerai bien sûr. Des voix toutes chargées d'émotion, la violence du travail à la
    chaîne, et la violence ensuite des luttes. Comment affronter maintenant le quotidien vide [...] ? Ces récits entendus, les transcrire ne suffit pas : il faut raconter, reconstruire, la cellule de reclassement, les appartements où vous êtes reçu et le supermarché. Ce qui est proposé comme nouvelles figures du travail ? Centres d'appels,
    marché du chien. Il faut aussi entrer dans les silences. On vous parle d'une qui n'est plus. Ce n'est pas un livre prémédité : il s'agissait au départ de jouer, ici même, une pièce de théâtre. Et puis, à cause des visages, pour la densité des mots en partage, je décide d'écrire. Si les ouvrières n'ont plus leur place nulle part, que le roman soit mémoire. " F. B.

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  • Dans le marais poitevin de son enfance, il avait sa machine à écrire, sa règle à calcul et sa voiture à pédales. Autant de choses fragiles et oubliées que François Bon manipule aujourd'hui avec mélancolie et précaution. Il évoque en vrac les casquettes de Moscou, le microscope offert à Noël et le coffre à jouets. Objets de désir et objets de souvenir s'amassent dans cette mosaïque autobiographique.

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  • L'enterrement

    François Bon

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  • Je l'ai croisé une seule fois, mais nous avions parlé longtemps.
    C'était juste avant qu'il disparaisse, en 1989. le visage de bernard-marie koltès, l'intensité de son regard, m'ont toujours accompagné depuis. c'est dans cette voix et ce regard que, depuis, je lis et relis ses textes. ce qui est étrange, c'est comment, à distance, on perçoit autrement : on s'attache à un détail, à une phrase, une image. cela vous hante, parce qu'on y découvre, même si longtemps après, des indications formelles vitales.
    Parce que cela se veut d'abord théâtre, exige le corps, la bouche et les lumières, c'est une manière unique de rythme, une torsion autre de la syntaxe, un déport dans le choix des objets nommés, qui ont ajouté à notre langue. une énigme, à la pointe de l'oeuvre de koltès, nous indique ce qui est aujourd'hui, pour l'exercice de la littérature, simplement nécessaire. examiner cela, au microscope s'il faut, c'est plus qu'un hommage, c'est honorer une dette.

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  • Au début des années 1990, François Bon s'est lancé dans l'aventure des ateliers d'écriture. Il en conduit un peu partout en France, suscitant et écoutant la parole de publics en situation extrême, lycéens de banlieues difficiles, Rmistes à la dérive, détenus, mais aussi de publics plus spécifiques, étudiants en sciences, acteurs de théâtre, enseignants par exemple. Autant de rencontres et de découvertes radicales dont son oeuvre porte trace. Elle a interpellé dans sa première édition tous ceux que le mystère de la littérature fascine en les entraînant dans une visite guidée de l'atelier de l'auteur. Tel est le secret de son succès.


    A l'occasion de cette nouvelle édition, François Bon affine la méthode, élargit les références contemporaines, autant d'hommages aux écrivains de notre temps.

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  • On a posé la main sur le front et les cheveux, et gardé la sensation de froid.
    Et puis la même main, le même matin, se saisira de l'urne brûlante. les deux sensations coexistent, quoi qu'on fasse, dans la main droite, des jours et des jours. justement la main qui écrit. ecrire, on avait commencé d'en approcher : parce que tout cela, ces véhicules, ces noms, avaient traversé le siècle avant d'être déclarés obsolètes, c'est de cela qu'avec lui, trois semaines plus tôt, on s'était encore entretenu.
    De ces véhicules, de ces maisons, de ces noms, des trois générations de garage. maintenant, évidemment, on est seul avec quelques photographies, et des papiers imprévus. seul avec les images et les voix qui traversent la nuit, et cette sensation, dans la main droite, rémanente. on obéit à la main, qui dresse portrait du mort.

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  • Prison

    François Bon

    Si brulin -à peine croisé avant d'être assassiné dans un squat- est la figure en creux qui soutient le récit, elle laisse à d'autres la charge de dire le désarroi et la rage de ceux que notre monde rejette dès l'enfance aux bords des villes, et dont l'une des premières expériences de jeunesse est la prison.
    Au regard de ces situations extrêmes, les mots ont-il pouvoir de forcer un destin trop souvent fixé d'avance ? réponses extrêmes elles aussi : " ecrire, ça fait quelque chose à l'intérieur de soi " ; " car parfois les mots sont sensibles " ; ou " peut-être que ça ferait sortir mes sentiments mais ma douleur restera en moi. ce n'est pas vous qui m 'aiderez à la quitter ". christian, tignasse, jean-claude, sefia, ciao : témoignages épars que la fiction resserre en une structure éclatée.
    Les silhouettes apparaissent, s'estompent et se fondent. les paroles rugueuses, comme en amont de la langue, sont des voix véritables que l'écrivain, lui aussi aux prises avec elle, nous fait entendre comme un partage.

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  • Il y a deux ans, tout l'hiver, je passe beaucoup de temps dans des salles de théâtre vides.
    Plateaux noirs qui semblent immenses, fauteuils rouges.
    Puis un vers du vieil agrippa d'aubigné : " je parle dans la colère ".
    Notre colère aujourd'hui, en faire le recensement dans la ville. venaient comme des marcheurs : ceux qui portaient l'impatience, l'éprouvaient pour eux ou capables de la crier à la face du monde. puis d'autres, qui surgissaient là du dessous de la ville, voix minées, corps errants.

    Cela s'est assemblé lentement, pour s'immobiliser enfin : des voix, des silhouettes, une inquiétude.

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  • Il y a longtemps que la Préhistoire est entrée dans notre imaginaire collectif. Entre mythe et réalité, elle incarne un passé lointain, plus ou moins sauvage, parfois émouvant ou cruel, où l'homme est libre ou, au contraire, selon les récits, subit une nature à laquelle il appartient. Que savons-nous de ce temps, où des peuples de chasseurs nomades occupaient le monde sans partage? Souvent, son évocation cède à la caricature: on rassemble plusieurs centaines de milliers d'années, unifiant en un seul portrait des milliers d'hommes. Et l'on décrit ces premiers âges comme la lente gestation d'un monde, devant inéluctablement parvenir au nôtre. Rarement, la Préhistoire est abordée comme une période à part entière, mettant en scène des hommes et des sociétés complexes et largement différenciés. C'est cette voie inédite qui est ici privilégiée, au travers d'une interrogation centrée sur les sociétés d'Homo sapiens. En analysant l'avènement de l'art, la construction sociale de ces peuples ou encore leur relation à la nature qui les entoure, à la mort aussi, cet ouvrage tente de montrer que ce monde préhistorique, à la fois proche et lointain, participe pleinement aux réflexions que l'on peut mener sur la définition d'une société humaine.

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  • Après le livre

    François Bon

    - Les mutations de l'écrit ont une portée considérable puisqu'elles affectent la façon même dont une société se régit. C'est ainsi que le passage de l' " imprimé " au " dématérialisé " induit, sous nos yeux, de nouveaux rapports à l'espace, de nouvelles segmentations du temps. Tout annonce que le web sera demain notre livre (qu'il soit imprimé ou électronique), cette mutation en engageant d'autres, dont François Bon se fait ici l'analyste selon trois axes d'exploration : l'axe autobiographique (ou Comment F. B. s'est approprié cette technologie et comment elle a bouleversé son travail), l'axe technique (ou Quelles sont les virtualités de ces technologies), l'axe anthropologique (ou Qu'est-ce que ces nouvelles pratiques induisent dans la culture).Passionnant et neuf.

    /> - Né en 1953, François Bon élabore depuis vingt-cinq ans une oeuvre littéraire cohérente et forte. Son travail d'écrivain est marqué depuis son premier roman, Sortie d'usine, paru chez Minuit en 1982, par une proximité avec le quotidien, la matière, la machine, par une attention aux personnes sans gloire, depuis Le Crime de Buzon (Minuit, 1986) jusqu'à Daewoo (Fayard, 2004). Parallèlement, il élabore une réflexion sur la littérature et l'écriture, qui l'a conduit à l'expérience des ateliers d'écriture, et a abouti à Tous les mots sont adultes (Fayard, 2000), puis à L'Incendie du Hilton (Albin Michel, 2009). Une remarquable trilogie musicale a fait événement ensuite : Rolling Stones (Fayard, 2002), Bob Dylan (Albin Michel, 2007), Led Zeppelin (Albin Michel, 2008).Mais depuis quelque temps, la vraie passion de François Bon, c'est le numérique. Son site en témoigne, la revue en ligne remue.net (qu'il a créée) aussi, et encore sa petite librairie en ligne...

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  • Moi je ne savais pas comment dans ces cas-là on fait. Je ne m'étais jamais trouvée à marcher dans une rue avec un chien mort dans les bras. Vous faites ça souvent‚ vous ? J'étais allée là où on allait pour le soigner‚ les vaccins‚ et quand deux ans plus tôt une voiture‚ là‚ au même carrefour‚ l'avait heurté et qu'il s'était traîné ainsi le bassin. On avait bien cru le perdre‚ tiens. Et la voiture ne s'était même pas arrêtée. Repartie en tournant à droite. Quand on tourne à droite on ne voit pas ce qui est là tout près du sol : un enfant‚ ç'aurait été pareil. Vous vous seriez arrêté‚ vous ?
    Suivi d' autres textes courts
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  • Proust constitue la cathédrale majeure de la littérature du XXe siècle. On fête cette année le centenaire de la publication du premier volume d'À la recherche du temps perdu, oeuvre à laquelle une bibliothèque entière a été consacrée. Le livre de François Bon fera à coup sûr partie de ceux (rares) qui marquent une contribution décisive et qui restent. C'est l'hommage souvent passionné et toujours passionnant d'un auteur contemporain à son illustre prédécesseur.
    Relisant ses gros volumes en papier, exploitant les possibilités de recherche (notamment lexicales) offertes par le numérique, François Bon fait affleurer des thèmes (la photographie, le téléphone, l'électricité, les bordels, les robes, la mode, les aubépines), des obsessions, explore les techniques romanesques, prend la mesure de l'incroyable et indémodable modernité de l'univers proustien. En romancier, il se libère des réalités chronologiques pour faire dialoguer Proust et Baudelaire, dans une complicité stimulante et doublement révélatrice (sans oublier le fantôme de Lautréamont qui vient errer dans la chambre-tombeau de l'écrivain). Surtout, François Bon nous dit en quoi la lecture de Proust a été déterminante pour lui, et combien cette oeuvre continue de retentir dans nos vies et de les éclairer de façon décisive.

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  • Si l'histoire des Rolling Stones nous dit la mutation des années 60, et celle de Bob Dylan comment, de 1958 à 1963, elle s'est préparée, le succès massif de Led Zeppelin incarne les années 70.
    Une musique complexe, encore ancrée dans le blues, et quelques hymnes, la force brutale de Whole Lotta Love, ou ce Stairway to heaven, encore aujourd'hui le morceau le plus diffusé sur les radios américaines.
    Pourquoi ces quatre musiciens (Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John " Bonzo " Bonham), qui auraient pu ne jamais se croiser (deux professionnels aguerris des studios de Londres, deux amateurs de la banlieue de Birmingham), restent-ils quarante ans après, des icônes (25 millions de demandes de billets pour leur dernier concert à Londres le 10 décembre 2007...) ? Le mystère est d'autant plus entier que, contrairement à Dylan ou aux Stones, on a l'impression, avec Led Zeppelin, d'être confronté à une machine étanche aux influences et aux conflits de leur temps. Lancé en juillet 1968, le groupe se dissout à la mort de son batteur, John Bonham, en septembre 1980 : mais en douze disques, ces hommes sont pourtant les exacts marqueurs de la décennie 70. Marqueurs de l'internationalisation (on dirait mondialisation aujourd'hui) de la culture, du poids symbolique de l'Amérique, et de tout ce qui a jailli dans la mutation de 1968 devenu maintenant phénomène de masse : drogue, libération des moeurs. De ces indicateurs nouveaux aussi : violence, grandes foules, consommation culte, explosion de la publicité. Nous y sommes encore.
    Plus qu'une simple biographie, la fresque d'une décennie compacte et opaque à la fois, prenant pour point d'appui l'épopée du symbole culturel de tous ses excès.

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  • Dans ces brèves fictions, chaque fois un changement minime ou absurde, en induisant une expérience autre du monde, vous en modifie l'équilibre. Et ce léger décalage enclenche toute une série de déplacements possibles avec vertiges et étrangetés. On pense d'abord à des fantaisies. François Bon, lui, dit notes. Pareils que les très courts de Kafka ou son Champion du jeûne dont le « Fameux prestidigitateur » est une sorte de frère, quelque chose vous prend au ventre qui vous concerne dans l'étrange, dans la folie même dont on se tient au bord ou qui nous traverse sans qu'on sache. À peine décalées, ce sont nos propres vies qu'on voit surgir, comme dans la brisure d'un miroir. Ceux-là qui s'effritent, sont interchangeables ou fragmentés, ne sont pas uniquement dans les projections mentales du récit, mais au plus près de vous. Derrière le drôle et l'imaginaire, ça vous tombe dessus. Fictions du corps comme autoportrait plan large.

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