• Planète sans visa

    Jean Malaquais

    • Libretto
    • 15 Octobre 2009

    Marseille, 1942. Quelques mois avant l'invasion de la zone libre par les Allemands, la ville perçoit déjà la menace insidieuse du régime collaborationniste de Vichy. Le grand port méditerranéen, où se côtoient proscrits, réfugiés, délateurs, lâches, " braves gens ", est devenue cette nasse où sont allés se prendre tous les indésirables pourchassés par Vichy.
    Des quatre coins de l'Europe, ils fuient la tyrannie, l'oppression et la guerre, et espèrent décrocher le précieux sésame qui leur permettra d'embarquer vers une terre de liberté et de paix : un visa vers l'improbable Amérique.
    Entre descriptions réalistes et évocations lyriques, Jean Malaquais brosse un terrible portrait de la foule cosmopolite et fourmillante des proscrits du Vieux-Port, et sans concession nous rappelle au souvenir de cette sombre époque.

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  • Les javanais

    Jean Malaquais

    • Libretto
    • 18 Janvier 2013
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  • De retour chez lui, un employé sans histoire trouve son appartement occupé, sa femme évaporée et finalement son existence complètement niée par une administration toute puissante. S'ensuit le récit insolite et angoissant d'une descente aux enfers, celle d'un réfractaire sur qui l'étau d'une gigantesque bureaucratie va se refermer.
    D'une rare noirceur, ce roman à la dimension étonnamment prophétique ne pouvait être écrit que par un franc-tireur de la littérature, doublé d'un authentique révolutionnaire.
    Il constitue un réquisitoire implacable contre le conformisme, la dissolution de l'identité, les réseaux de communication, la mutilation de la conscience.
    Quelque part entre Le Procès de Kafka, 1984 d'Orwell, et le film Brazil de Terry Gilliam, Le Gaffeur est l'une des grandes oeuvres qui décrivent un monde imaginaire pour nous aider à ne pas accepter le nôtre.

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  • La marche du XXe siècle a taillé bien des croupières à l'oeuvre très belle et très originale de l'écrivain Jean Malaquais (1908-1998). Le prix Renaudot avait salué Les Javanais ; mais c'était en 1939. On sait la suite. Planète sans visa partait parmi les favoris du Goncourt, mais c'était en 1947, au sortir de la guerre. Pour sa part, le recueil de sept nouvelles qu'est Coups de barre n'a jamais été publié en France ; il est sorti à New York, en 1944.

    Chronologiquement, Coups de barre se situe donc à mi-chemin entre Les Javanais, le roman du métèque « à la grandeur épique, à la fois bouffonne et tragique », pour reprendre le salut d'André Gide, et Planète sans visa, la fresque de « Marseille-sous-Vichy », dont l'écrivain américain Norman Mailer a loué « la puissance, l'ambition, l'ironie et l'indignation sourde à l'endroit d'une société, la nôtre [...]. Ce livre avait cinquante ans d'avance : il est temps de le lire ! ».

    Du récit à la tonalité joyeuse qu'est « La montre », dont le personnage central est un adolescent ouvert à toutes les aventures, à « Marianka », dont la sobriété tragique reflète la violence collective de l'histoire, en passant par l'humour à la fois tendre et grinçant du « Marchand de balais » ou de « Garry » ou encore par la folie meurtrière des nouvelles maritimes « Il Piemonte » et « El Valiente », Malaquais trempe sa plume dans la mouvance du réel. Il s'entend à faire voyager son lecteur. Ses personnages sont des nomades par essence, qui ne parlent que de partir, et le dynamisme de son écriture ouvre l'antre des mille langues qui se croisent sur la terre et parviennent, envers et contre tout, à communiquer.

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  • Les écrivains français qui ont traversé la guerre (la dernière, s'entend) sont restés dans l'ensemble remarquablement silencieux sur tout ce qui touchait d'un peu près aux déplaisantes réalités de l'époque.
    Il n'est que de lire la plupart des journaux intimes signés par les grands noms de la littérature d'alors pour le constater, non sans effarement. Rien de tel avec Jean Malaquais (prix Th. Renaudot 1939 pour les Javanais, qui le firent comparer à Céline : un Céline de gauche, et même d'extrême gauche). Juif venu de Varsovie par les mauvais chemins, apatride jusqu'à ce que la République s'avise, à l'été 39, qu'il pourrait faire aussi bien qu'un autre son poids de chair à canon, il n'a jamais pris de gants pour manipuler la matière, souvent peu ragoûtante, dont se bâtit l'Histoire.
    Son Journal de guerre (août 39- juillet 40), publié en français à New York en 1943, sera vite mis sous le boisseau. Quant au Journal du métèque qui lui fait suite, et qui évoque la survie d'un coupe traqué dans la France du Maréchal, il trouvera le moyen de rester indédit jusqu'à ce jour. Douce France ...
    Tout citoyen de ladite se devrait pourtant de lire ces pages, où l'on tire sans tricher un portrait d'époque de son cher et vieux pays.
    Et dans quel style ! On n'oubliera pas de sitôt cette " traversée de la France " que s'offrent en juin 40, en pleine débâcle, le prisonnier Malaquais et son copain Kaldor, qui ont réussi à filer à la barbe de leurs gardes vert-de-gris. Une radiographie sans bavures du corps national. Pas joli-joli, mais instructif. Et annonçant de tristes suites - dont nous n'avons peut-être pas vu le bout.

  • Le célèbre écrivain américain norman mailer (prix pulitzer en 1969 pour les armées de la nuit et en 1980 pour le chant du bourreau) et le romancier français jean malaquais (prix renaudot 1939 pour les javanais) se sont rencontrés en 1947.
    Malaquais traduisit en français les nus et les morts. ce premier roman allait projeter mailer sur la scène littéraire internationale. leur tempérament et leur culture n'appelaient peut-être pas le rapprochement de ces deux hommes qu'une amitié chaleureuse et exigeante a cependant unis pendant un demi-siècle, et mailer n'a jamais manqué de rappeler sa dette à l'endroit de son aîné : " il a exercé sur moi plus d'influence que quiconque.
    " très nourrie à certaines époques, la correspondance des deux écrivains ouvre, avec la lucidité de ses analyses tant littéraires que sociales et politiques mais aussi avec sa franchise sans compromissions, une fascinante fenêtre sur la trajectoire, publique et privée, de deux créateurs et sur des moments clés de la seconde moitié du xxe siècle. cette correspondance n'est pas encore publiée en langue anglaise.

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  • Ces 120 lettres tranchent d'assez surprenante façon sur le reste de la Correspondance - un monument en soi - qu'André Gide entretint au long de sa vie avec divers " passants " de son époque.
    Avec ceux du sérail (Valéry, Claudel, Jacques Rivière), tous membres d'une même famille d'esprits, il échange la monnaie qui a cours dans le milieu littéraire : vues sur la création, sur le rôle de l'artiste, bruits de salons, amabilités plus ou moins mouchetées. Son aventure épistolaire avec Vladimir Malacki (devenu bientôt Jean Malaquais), petit Juif polaque cabochard comme il n'est pas permis, insoumis par conviction autant que par tempérament, est d'un tout autre jus.
    Personne jamais n'aura osé adresser à Gide des lettres d'une si brutale franchise, le pousser aussi loin dans ses retranchements. Personne non plus, semble-t-il, n'aura reçu de lui des aveux de cette sincérité-là. Deux hommes se proclament engagés - chacun à sa façon - dans les querelles de leur siècle. Ces deux hommes s'estiment et se malmènent. Evadé de son camp de prisonniers, traqué par la police de Vichy, Malaquais réussit à gagner par miracle le Mexique puis New York.
    Mais l'éloignement ne compte pas pour les deux amis, qui ont décidément trop de choses à se dire, trop dé combats - intimes ou publics - à mener, trop d'arguments à affûter. Une vraie " correspondance de guerre ", à tous les sens de la formule.

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