• On tend à prêter trop ou trop peu à la décision collective. Pour certains, cette notion qui renvoie aux assemblées, comités, commissions, corps électoraux et aux divers groupes amenés à faire des choix, aurait le pouvoir d'établir une communauté ; pour d'autres, elle ne serait qu'une technique de sélection entre différentes options. C'est sur la ligne de crête entre le fantasme de l'auto-institution et la vision procédurale, que chemine l'ouvrage de Philippe Urfalino et que se révèle son originalité.
    Car l'auteur change entièrement la perspective que l'économie ou les sciences sociales ont privilégiée jusqu'alors : bien plus qu'un mécanisme de coordination entre une pluralité d'acteurs, il voit dans la décision collective un phénomène normatif, le moment de la formation d'une obligation. Car décider n'est pas seulement choisir, c'est aussi produire l'obligation d'agir et de se soumettre à la décision. C'est parce que cette dernière est prise au nom d'un tout dont les protagonistes sont les parties qu'elle parvient à s'imposer comme l'expression acceptable de la volonté commune. À ce titre, la décision collective n'est pas le fait d'un agrégat d'individus, mais celui d'un collectif. D'où les questions : qu'est-ce qu'un corps délibérant ? Qu'est-ce qu'une délibération collective ? Quelles sont les conditions sous lesquelles il est justifié de se soumettre à la décision prise ?
    À partir de nombreux cas empiriques, empruntés à un large échantillon de sociétés et d'époques, l'auteur répond à ces interrogations, proposant ainsi une théorie sociologique de la décision collective.

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  • Une histoire de la politique culturelle française d'André Malraux à Jack Lang et notamment des idées et des croyances qui ont guidé l'action du ministère chargé des Affaires culturelles. Fournit des clefs pour comprendre la politique culturelle ou interpréter le mouvement des intermittents du spectacle.

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  • L'idée d'une « politique culturelle », qui intègre les diverses politiques publiques consacrées aux beaux-arts, au patrimoine ou à la création contemporaine, tout en les dépassant dans un projet social de démocratisation de l'accès aux chefs-d'oeuvre, fut sans doute le principal apport du ministère taillé sur mesure pour André Malraux.
    Sa politique d'« action culturelle » s'est appuyée sur le réseau des maisons de la culture. Après la déstabilisation de Mai 68, le « développement culturel », avec le ministère de Jacques Duhamel, tente de gagner de nouveaux publics à la conception d'une culture « plurielle ». Puis Jack Lang amorce le tournant qui vide de sens l'idée même de politique culturelle, en faisant progressivement du ministère de la Culture le « ministère des artistes ».
    Dans une postface inédite, l'auteur met ainsi en perspective les débats sur l'art contemporain et le mouvement des intermittents du spectacle, nous aidant à mieux comprendre le malaise actuel de telles professions et les incertitudes de la « politique culturelle ».

  • C'est une analyse rigoureuse, sans concessions et sans idéologie que nous propose ici Philippe Urfalino, en véritable entomologiste de la chose médicale. Et ce à l'heure où l'opinion est des plus réticentes à admettre qu'il puisse demeurer des facteurs de risques et des germes potentiels de crises épidémiologiques ou sanitaires. Nous assistons aujourd'hui à de virulentes charges de la société contre ce qui, à ses yeux, symbolise la collusion du pouvoir, de l'argent et du cynisme : les industries pharmaceutiques. Dégageant de substantiels profits mais laissant intacte la misère du monde, elles deviennent à la fois les agents immoraux d'un monde écartelé entre ses riches et ses pauvres et les agents de propagation de médicaments dont on ne sait au juste à quoi ils servent... Quand on ne les soupçonne pas de créer par stratégie les maladies qu'ils soigneront ensuite! Faut-il les plaindre ? Assurément non. Mais aller y voir de plus près en compagnie de Philippe Urfalino pour démêler le fantasme de la réalité. Pénétrer plus subtilement les arcanes de la recherche, du développement, de l'homologation, de la commercialisation puis de la diffusion des médicaments est plus que jamais utile. Tel est l'enjeu de cet entretien où l'auteur se refuse de céder aux séductions des théories de la domination (qui font de la dépression, par exemple, une pure et simple création des grands labos) ; tout comme il ne concède rien aux satisfecit béats d'une industrie qui ne déteste pas le cynisme et les blockbusters médicamenteux. C'est à ce prix que nous évaluerons mieux les travers et les manques d'une industrie qui a toujours été laissée curieusement libre par les pouvoirs publics, pourtant traditionnellement soucieux de la santé, un paradoxe qui ne cesse pas de troubler.

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  • Les onze essais sur la politique et la culture en France réunis dans cet ouvrage livrent onze coups de sonde, onze manières de rendre intelligibles différentes facettes de la vie politique et intellectuelle de l'Hexagone, le plus souvent à partir d'un regard qui embrasse trente, voire cinquante années de son évolution. Ils couvrent quatre grands thèmes : la situation politique du pays à la veille des élections présidentielles de 2007, la place de la France dans les relations entre l'Ouest et l'Est de l'Europe avant et après la chute du mur de Berlin, l'articulation entre politique et culture dans la vie intellectuelle française, et enfin les avatars de l'État modernisateur. Leur point commun est d'emprunter l'une ou plusieurs des voies d'analyse dont la fécondité a été démontrée par l'oeuvre du sociologue et historien Pierre Grémion, spécialiste reconnu de la vie politique et intellectuelle française de la seconde partie du xxe siècle, à qui ce livre rend hommage.

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