Corlevour

  • On ne résume guère cette pièce, qui est d'une extrême complication, digne des pastorales baroques et maniéristes. Une cour entière est réfugiée en forêt autour de son roi exilé, Frédéric.
    C'est alors la peinture des intrigues amoureuses avec masques et changements de sexe, mélancoliques et passionnés, sages et bouffons, jusqu'au rétablissement final de chacun dans ses droits.

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  • Météores

    Stéphane Barsacq

    «Météores ? En Grèce, on parle de « monastères suspendus au ciel ». Ici, ce sont des Fusées. Elles font écho à Mystica, le recueil d'aphorismes que Franz-Olivier Giesbert a consacré dans Le Point comme un « livre-culte ».
    Depuis ces Météores, Stéphane Barsacq nous invite à scruter notre temps fait d'inquiétudes et de lueurs. Et à s'élever, quand tout alentour semble sur le point de s'effondrer.
    Il est question d'amour et de grâce, mais encore de figures élues propres à inspirer à chacun l'insolence de se dresser face à « la contagion des ténèbres ».
    Quand l'enjeu majeur n'est plus entre humanisme ou transhumanisme, mais entre la vie profonde ou le néant total, ce recueil fait le pari scandaleux de mettre à jour des paroles immémoriales.»

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  • Cet essai tente d'approcher les intimités lyriques et épistolaires de la pratique de la Lettre, sa convergence avec l'usage de l'in- conscient chez Marina Tsvetaeva, plus particulièrement autour de deux signifiants qui sont les siens : Mur et Sacrifice.
    Ne faisant qu'un avec sa voix de poète, Marina Tsvetaeva (1892-1941) se dira « murée vive ». Dans son mariage ? Pas seulement et plus profondément encore, dans l'élan qui la pousse à parfaire le sacré. L'amour est sacrifié sur l'autel de l'idéal de Marina, créa- trice d'hérésies, telle la formule dénégatrice « Dieu-Diable ». Ce même Idéal mortifère attise-t-il la jouissance du sacrifice chez la poétesse ?
    La poétesse exhorte le monde à la vérité de la perte et... au franchissement poétique du mur s'appelant tour à tour Tatiana, Ariane, Sonetchka, Anna, Frère féminin, Rilke, Pasternak, Diable, Noyé, Musique, Mère-Morte, Meurtrimère... Vide, Âme, Dieu... Poète de l'être à l'âme toute nue, Marina se fonde et se refonde dans une position (une exposition !) poétiquement hérétique et, pourquoi pas, lyriquement croyante.

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  • La barque d'or

    Rabindranâth Tagore

    Les vingt-cinq poèmes écrits entre 1894 et 1939 et ici présentés ne sont que des gouttes d'eau dans une oeuvre océanique, mais dans chacune de ces gouttes diversement colorées se reflète le génie poétique du « Seigneur du Soleil » . De facture et d'atmosphère très différentes, comme si les uns étaient signés Rabi (son petit nom d'enfant) et les autres Rabîndranâth - en particulier les poèmes qui invitent le plus à la méditation, « Le Ferry », « Détachement », « Hic et nunc » ou « Un monde sans murs » - ils sont destinés aux grandes personnes à partir de huit ans, mettons, soit aux enfants comme aux adultes qui, dirait Bernanos, n'ont pas « mal tourné », parce que restés fidèles à l'enfant qu'ils furent. Certains trouveront peut-être quelques poèmes mélancoliques, voire tragiques - ain- si, « Le serviteur » - mais Tagore, qui prenait les enfants très au sérieux , jugeait nécessaire qu'ils n'ignorent pas les obscurités du réel, la finitude et la mort. Ce qui ne l'a certes pas empêché de rester toute sa vie Rabi le brigand, prompt à se délecter de tout ce qui est bizarre, saugrenu ou farfelu, voire délicieusement inquiétant : en dépit de ses lourdes responsabilités et de son statut d'homme public, à tout âge, et comme bien peu, il a su regarder le monde à hauteur d'enfant.

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  • Le mythe d'Europe

    Nuno Judice

    Le mythe est une notion bien présente dans l'oeuvre de Nuno Júdice. Il a jadis travaillé sur les mythes fondateurs de l'identité portugaise, et d'une manière plus générale, il nourrit beaucoup sa poésie de la mythologie gréco-latine.
    Le livre Le Mythe d'Europe nous invite à la croisée des chemins, dans cet espace-temps où la mythologie côtoie le quotidien. Cet ouvrage commence par des poèmes où se mélangent le quotidien et le rêve, le fantastique et l'amour - « L'amour est une sombre vocation » - dans un lyrisme coutumier au poète. Ensuite, la longue partie au titre éponyme rappelle ce que Judice a pu écrire jadis, en 2000, dans La Revue des Deux Mondes : « Il est parfois difficile de séparer dans le texte littéraire, la réalité de cette charge mythique qui accompagne les événements historiques et les bouleverse, ou leur attribue une charge surnaturelle ».
    Ainsi, dans Le Mythe d'Europe, on peut penser que la figure de l'aimée côtoie les figures féminines de la mythologie gréco-latine, et notamment celle, énigmatique et polymorphe, d'Europe. Mais on peut surtout penser que le poème se ressource à ces origines énigmatiques afin de questionner l'indigence culturelle de l'imaginaire de l'Europe contemporaine.

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  • Je ne suis pas poète. Il m'est arrivé pendant un certain temps d'écrire des textes qui prenaient la forme de poèmes. Mais ces textes sont plutôt des témoignages.
    L'âme qui se tient toujours dans sa gloire, touche dans son extension la limite de la chair, la peau qui frissonne et se lacère. Sortant de son silence, l'âme donne alors de la voix, comme une corde touchée. Le bruissement se fait mot et le mot cherche à se faire entendre.
    Ce que j'exprime ne m'appartient pas. Dans la douleur ou dans la joie, la voix, quand elle se fait entendre, est cette voix unique, toujours la même, qui répond à l'appel entendu.

    Extrait :
    Coulée de lave, de rouille de la terre sous la lumière humide de la lune, sous le vent salé d'un océan de brume et d'inquiétude sang du fer, imprimé sous la pédale d'une vieille machine à coudre, sueur d'un engrenage à huile et eau-de-vie taries depuis des lustres goût de sable, de poussière cosmique tombée sur nos sens, nous empêchant de mordre sur la surface lisse des objets, nous empêchant de glisser sur la tache ensanglantée du visible, nous empêchant de respirer et de vivre sans avoir compris ce qui reste après

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  • "Accompagné de dessins au crayon noir de Cynthia Walsh et d'un cahier photographique d'Alexis Congourdeau Liminaire Réginald Gaillard Memento mori Shekhina : Brice Jubelin Kéros suivi de Poèmes grecs Dominique Pagnier Richard Main limide, poète et chevalier loherin Jean-Pierre Otte Deux à être seuls - poèmes Dossier André Suarès sous la direction de Stéphane Barsacq Stéphane Barsacq Introduction André Suarès Ker-Ënor André Suarès Nous autres en Occident André Suarès Guerre et politique André Suarès Je ne méprise rien, pas même eux André Suarès Pensées Céline Laurens À la gloire du père Suarès Antoine de Rosny Suarès et Picasso réunis par Vollard : Les projets d'Hélène chez Archimède et de Minos et Pasiphaé Frédéric Gagneux Félix ou le poète musicien Antoine de Rosny Suarès et ses livres Stéphane Barsacq Vues sur Suarès Cahier photographique d'Alexis Congourdeau Charles Ficat Goethe, le seul maître Ars Videndi François Amanecer Élégie (In memoriam CHCP) Maud Thiria Brèche première Durs Grünbein Bougies d'allumage (Trad. Joël Vincent) Claude Minière Sauver Axis Mundi Cahier Xavier Bordes sous la direction de Gwen Garnier-Duguy Gwen Garnier-Duguy Introduction Xavier Bordes Poèmes inédits X. Bordes / G. Garnier-Duguy Entretien Jacques Ancet Dans l'obscur de la lumière Jean-Yves Guigot Xavier Bordes, le déploiement poétique de l'unité à travers La Pierre Amour Emmanuel Minel Xavier Bordes : faux anti-moderne. Lecture de deux poèmes suivant « Achillées VII », en guise d'art poétique Orfo Un arhat de légende Oikouménè Jean-Paul Bota L'année naufragée du rhinocéros de Goa (Le Rhinocéros de Dürer) suivi de Pessoennes Ndriçim Ademaj Poèmes (Traduits de l'albanais par Festa Molliqaj) Erri De Luca Entretien (mené par Pierre Monastier) Ali Bader L'arrivée, suivi de Exilé - poèmes (Traduits de l'arabe par Maïté Graisse)".

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  • « Où que j'aille, où que je regarde, quoi que j'entende à la radio ou à la télévision, tout me rap- pelle le Londres de 1984 ». Le dissident slovaque Milan Simecka rendait ainsi hommage à l'ahurissante lucidité de George Orwell. L'écrivain anglais restera le seul à avoir su saisir, comprendre et exprimer l'essence même des inventions politiques monstrueuses du vingtième siècle - qu'on les nomme tyrannies modernes, religions séculières, totalitarismes, Sphinx ou Béhémoth.
    Son oeuvre a conservé entière sa puissance de stupéfaction.
    En 2017, après une élection marquée par les fake news et la notion de post-vérité, 1984 se classa en tête des ventes des livres aux États-Unis. Pour quelles raisons cette oeuvre continue-t-elle de nous parler à ce point ? Quel point de vue a permis à son auteur de voir et d'exprimer ce que les autres ne voyaient pas ?
    Et si l'enfance était cet arrière-pays dont s'est nourri la lucidité de George Orwell ?
    Cet essai propose d'interroger le rôle-clef joué par l'enfance dans l'oeuvre de l'auteur de 1984.

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  • S'admettre migrant, réfugié dans une existence où l'on n'interpelle plus le grand absent, mais où l'on questionne. Aucune réponse attendue toutefois, sinon le geste de se tourner vers le ciel, vers une hypothétique consolation, vers la musique qui est l'autre langage. Le regard ne se détourne d'aucune cruauté, d'aucun vertige, d'aucun désarroi, et sait cependant prendre le parti des possibles, autant face à la vie qui part que face à celle qu'il faut tenir sans avoir eu à donner son assentiment.
    Ces poèmes nous emmènent dans une grande traversée de nous-même, traversée que l'on croit connaître sans jamais la connaître vraiment. Ce parti-pris de la non-concession, d'un réalisme assumé de la pensée, de l'émotion aussi, ne se veut d'aucune noirceur narcissique. Il s'agit d'être tourné vers l'extérieur, les autres, comme en une volonté de partage fraternel de nos existences.

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  • Le souvenir brûle et dans le lieu des bannis son ombre percute les nuits allumés par le feu de l'insomnie la rage l'obsession les mots ne sont d'aucun secours plume papier écrit verbe ne peuvent rien rien d'autre brûler, seulement brûler les écrits embrasés laissons-les se consumer dans le temps trouvons une langue.

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  • Je le sais maintenant, de manière certaine, pour avoir lu Follain : le "secret" n'est jamais qu'effleuré, deviné dans la diffraction de ses reflets innombrables. Il est présent sous l'apparence, mais il est, lui aussi, inatteignable et devrait le rester, quoi que nous fassions. Pour avoir pris conscience de cela, je sais qu'il me faudra faire avec un manque qui redessine constamment ses contours. Non que j'aie été soudain admis à un ordre de réalités qui me seraient, jusqu'alors, demeurées étrangères (car j'avais déjà compris que le monde est trop grand pour ma parole et que la poésie est dès lors vouée à ne jamais atteindre le foyer de ce qui, pourtant, l'anime) ; mais bien parce que le poème auquel j'ai emprunté les deux premières lignes de ce livre a un jour formulé, d'une manière qui me sembla tout à la fois inattendue et adéquate, la question que je portais en moi sans l'avoir jamais formulée et à laquelle j'étais à mon tour sommé de répondre.

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  • Lucien Noullez a l'ouïe fine. Il promène ses oreilles un peu partout : dans les rues de sa ville, de Paris ou de Rome ; sur les bords de la Haute Meuse, dans les églises, dans les écoles, que cet enseignant passionné a abondamment fréquentées, dans les livres (il a été longtemps critique littéraire), dans les bistrots ou au concert. Ce qu'il écoute lui tombe souvent dans le coeur, et cela commence à trembler.
    Ils s'en suivent des poèmes brefs, un peu narratifs, un peu oniriques, légèrement déhanchés. Une métaphysique du concret se dégage, mais mine de rien, car cette poésie fuit l'esprit de sérieux. Un brin d'humour ajoute un peu au pathétique, et la vie va, comme toujours.
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  • Seule chair Nouv.

    Seule chair

    Frédéric Dieu

    «Seule chair, c'est ce qui reste d'une seule chair quand elle vient à se déchirer. La vie dès lors se revêt de nuit. Qu'y peut la poésie ? Beaucoup. Et d'abord dire la vérité du déchirement car elle, et lui à sa suite, rend libre. Puis trouver dans ses coutures apparentes une écriture neuve, une trace et un sentier, un sol insoupçonné. Un autre sang circule alors. Il porte en lui la joie, reçoit et porte plus loin qu'elle notre seule chair.»

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  • Ivan Vassilievitch Nouv.

    En 1935, l'année de création d'Ivan Vassilievitch, Staline étendait la peine capitale aux enfants de douze ans après avoir interdit tout recours contre les sentences de mort prononcées par les juridictions spéciales du NKVD - la police d'État. C'est avec ce repère historique en tête qu'il faut lire Ivan Vassilievitch. Alors on goûte mieux l'insolence formidable et l'humour dévastateur de cette pièce en trois actes, pleine de rebondissements, de quiproquo et de coups de théâtre. Hélas, catalogué de petit-bourgeois réactionnaire, Boulgakov ne verra jamais monter son oeuvre théâtrale, ni publier ses romans. La censure savait ce qu'elle faisait : nul doute que cette pièce aurait connu l'énorme succès que ses répétitions présageaient. Dans un décor familier à tous les soviétiques - un appartement communautaire - Timoféïev, un savant fou a mis au point une machine à faire tomber les cloisons du temps et de l'espace. Son déclenchement met en scène Ivan le Terrible en même temps que le terrible Ivan, syndic de l'immeuble qui, s'il porte le même nom que le tsar, lui ressemble aussi comme un jumeau. Sur le principe des poupées russes, ce vaudeville truculent et sarcastique cache une satire du pouvoir, qui dévoile à son tour celle de la société moscovite, puis de l'intelligentsia de l'époque.
    Le génie satirique de Boulgakov est tel, que la machine de Timofeïev se met en marche pour chaque lecteur, quels que soient le monde, l'époque, et la société qu'il habite. Il ne peut plus alors que pleurer...
    De rire.
    Christiane Rancé

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  • Chants de Balkis

    Jean Grosjean

    « Les poèmes qui composent ce recueil ont paru en 1897, insérés dans divers chapitres de La Reine de Saba. Certains avaient été publiés dans la NRF de mai 1982 à déc. 1983. Il nous a paru qu'une édition en ensemble autonome pouvait en favoriser le parfum, en accentuer le ton ; était par là même justifiée. Jean Grosjean a bien voulu y consentir. » Gaspard Olgiati (fondateur des Editions Babel).

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  • André des ombres

    Marie Cosnay

    C'est un roman, le roman d'André, arrière-grand-père de la narratrice. André a connu les tranchées de la première guerre mondiale avant de devenir imprimeur du roi à Addis Abeba. La narratrice reconstitue, dans une suite de scènes frappantes, ce qui finit par former une histoire. Une histoire où les destins individuels rencontrent l'Histoire. "Un récit, cent fois entendu ou conté, lui manque s'il n'est pris en son commencement. Il ne reconnaît rien aux épisodes si manquent les premiers. Pour trouver un chemin, il fait les mêmes détours que par erreur une première fois. Tel était André "

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  • L'ambition de cet essai ? Dresser les enjeux d'une oeuvre majeure, ses lignes de force, ses points de fuite, sa perspective. Les auteurs grecs et romains, les poètes du Moyen-Âge et de la Renaissance, mais aussi les écrits fondateurs de Shakespeare, de Baudelaire et de Rimbaud, tous ont été sollicités par Yves Bonnefoy dans sa quête inlassable de la « vérité de parole ».
    Stéphane Barsacq propose de suivre cette « Odyssée de la conscience poétique, dont l'objet est la saisie de l'esprit par lui-même », et qu'Yves Bonnefoy a interrogée jusqu'à son dernier souffle dans un désir ardent de trouver le vrai lieu où se tenir vivant.

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  • Naviguer à vue

    Nuno Judice

    Le vent qui apaise. Le vent qui est entré dans la vie a ouvert toutes les portes afin que l'âme puisse aller sans hésitation ni retard. Il a traversé devant moi avec son souffle de feu, et a fait surgir de rien le vertige qui entraîne au fond, et pousse de nouveau vers le bleu. J'ai fermé toutes les portes pour qu'il n'entre pas mais le vent a ressurgi de moi, et sa fureur m'a libéré de mon propre sol ; il a blessé le vide avec ses ongles avides d'un désir de terre inassouvi.
    Et j'ai serré dans mes bras ton abandon, ton corps ouvert dans la floraison d'une offrande. J'ai senti ton sexe dans la germination des images, et j'ai laissé tes mains chercher le moût du vent, et le pousser vers tes lèvres. Je l'ai vu se détacher de leur bord, comme des bourgeons d'un vieux fruit, et le jus courir sur tes seins et ouvrir le cours des sens. Une lumière encore est restée pour dévoiler un tourbillon de présages, me rassurer à l'ombre des arbres, et le chant lointain d'une fontaine nous a suivi avec insistance de son rythme sur fond de feuillage.

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  • L'écrouloir

    Nicolas Rozier

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  • Désirer danser

    Marion Richard

    Désirer danser est un cri qui se cherche un corps où résonner comme chant. Dans un premier mouvement, fuyant la désolation des villes, l'auteure trace un chemin douloureux à travers le clair-obscur de la forêt, en quête de réparation. Puis, dans le sursaut d'une profonde et soudaine respiration, elle suspend le temps des grands espaces et le chant panse les plaies des membres et de la mémoire. Dans un dernier cycle, le corps retrouvé, roulé en boule dans l'été de la nature, se blottit dans le ventre des arbres et trouve un lieu d'ancrage, une terre d'éveil où, du creux des ruines, surgissent au rythme du poème des arbres vivants et fleuris.
    Marion Richard écrit une poésie qui n'ignore rien des formes traditionnelles et les emploie comme une musi- cienne de jazz le ferait de ses gammes et arpèges, dans la recherche d'une liberté rythmique et sonore qui puisse porter une parole à la fois intime et commune, toujours guidée par l'espoir d'une renaissance possible.

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  • Dans cet essai, Claude Mouchard s'interroge sur le lien singulier que de nombreuses oeuvres littéraires du XXe siècle ont instauré avec le témoignage, quand celui-ci concerne certaines des destructions massives et organisées du XXe siècle : la Shoah, les camps staliniens, Hiroshima, la machine de mort Khmère rouge. Les écrivains et poètes dont il parle sont, entre autres, Robert Antelme, Paul Celan, Imre Kertész, Margerete Buber-Neumann, Varlam Chalamov, Takarabe Torito, Ibuse Masuji. Claude Mouchard pose une double question : d'une part quand et comment l'exigence de témoigner devient-elle oeuvre littéraire ; d'autre part qu'est-ce que l'oeuvre littéraire rend possible que le témoignage ne permet pasoe L'essai de Claude Mouchard donne largement la parole aux écrivains : de nombreux poèmes, de nombreux extraits parcourent son livre qui est ainsi une sorte de bibliothèque des oeuvres consacrées aux horreurs collectives et historiques du XXe siècle.

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  • Nous tanguons au clapot des choses. Echo de leurs couleurs, le bruit - est-ce tristesse ? - nous repose. On est une rue de Paris, à l'air du soir où les gens causent. Deux grassouillettes réjouies marchent le long des portes closes, et vont en désirant la vie.

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