Editions Du Sandre

  • De ceux-ci nous avons retenu diverses études sur la représentation des prodiges de l'Apocalypse, des divinités tibétaines, des saints martyrs, une "? Note ? " sur les paresthésies sexuelles ainsi qu'une curieuse pièce amphithéâtrale réunissant les ombres du Divin Marquis, de Jack l'Eventreur et du professeur Brouardel, spécialiste de médecine légale. Cet ensemble témoigne des recherches constantes de leur auteur sur ce qui lie la sexualité et la mort, notamment dans les pratiques perverses de certains vivants, lesquelles lui livrent accès au "? monde mouvant et sans limites ? " qu'est l'être humain et dont Sade lui avait désigné les chemins.
    Au-delà de leur aspect documenté et scientifique, c'est à une expérience poétique et esthétique que nous convient ces textes, dont la saisissante iconographie, choisie par Heine lui-même pour accompagner ses articles, donne la mesure.

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  • De 1934 à sa mort en 1947, Fargue a signé des centaines d'articles mais c'est le thème parisien qui est à la source de sa vocation de reporter. Ces chroniques sont nourries de quarante ans de noctambulisme, de rencontres et d'émotions. En quelque huit cents pages jetées aux quatre vents, il n'aura cessé de célébrer sa ville, élaborant une mythologie fondée sur une connaissance à la fois érudite et vécue. Juxtaposant en un kaléidoscope vibrant le Paris d'autrefois et celui qu'il voit naître sous ses yeux, cet infatigable flâneur a largement contribué à bâtir ce « mythe stylistique » qu'est Paris.
    Ce premier tome des OEuvres complètes comprend une édition critique du Piéton de Paris et des très nombreuses autres chroniques consacrées à la capitale, auxquelles s'ajoutent des textes posthumes.

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  • Dans cette lettre à son cher ami Rivière, Proust mêle considérations sur le dandysme en général et sur Charles Baudelaire en particulier. Baudelaire, poète des correspondances et des beautés inattendues s'y révèle, dans la confidence à l'ami, comme un véritable double littéraire.

  • Ainsi il va, il court, il cherche. Que cherche-t-il ? A coup sûr, cet homme, tel que je l'ai dépeint, ce solitaire doué d'une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d'hommes, a un but plus élevé que celui d'un pur flâneur, un but plus général, autre que le plaisir fugitif de la circonstance. Il cherche ce quelque chose qu'on nous permettra d'appeler la modernité.

    Baudelaire

  • Découvrez La nature du gothique - Chapitre extrait des Pierres de Venise, le livre de John Ruskin. A mes yeux, et je pense pour quelques autres aussi, c'est une des choses les plus importantes que l'auteur ait écrites, et elle sera considérée dans les temps à venir comme l'une des rares expressions nécessaires et incontournables de ce siècle. Pour certains d'entre nous, quand nous le lûmes pour la première fois, il y a bien longtemps maintenant, cela semblait nous indiquer une route nouvelle sur laquelle le monde devait s'engager. ( ..) Nous ne pouvons toujours pas voir d'autre issue à la sottise et à la dégradation de la Civilisation. Car la leçon que Ruskin nous enseigne ici est que l'art est l'expression du plaisir de l'homme à l'ouvrage, et qu'il est possible à l'homme de se réjouir dans son travail, car, aussi étrange que cela puisse paraître à nos yeux aujourd'hui, il y eut des époques où il y trouvait vraiment du plaisir.

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  • D'esprit borgésien, le Répertoire des métiers imaginaires s'attache, à l'écart des entreprises et enseignes officielles, aux activités en quelque sorte non déclarées : celles qui se pratiquent dans l'envers du visible.
    Dans le compagnonnage de Borgès et de Hardellet, mais aussi de Cami, Michaux, Cortázar, Daumal et bien d'autres qui ont observé les formes si souvent curieuses de l'occupation humaine, le lecteur y rencontre des artistes et artisans singuliers, voire déroutants, dont beaucoup d'entre nous sont loin de deviner l'existence et ignorent plus encore la fonction ou le mode opératoire : ainsi le chasseur de rêves, la rieuse de banquet, le démorveur, le maçon de musique, le professeur d'apparences, le percepteur d'épouses ou encore l'écorcheur de nuages.

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  • Vies des poètes anglais fut le plus célèbre des recueils de biographies du XVIIIe siècle.
    La galerie de portraits de Samuel Johnson, consacrée à des poètes anglais des XVIIe et XVIIIe siècles, est celle d'un moraliste : à la différence de Plutarque qui privilégie l'éloge, les textes de Johnson, émaillés de maximes et de jugements parfois sombres, sont conçus comme des leçons de vertus.
    Ce regard à la fois sévère à l'égard des individus et suffi sament détaché pour juger des qualités perennes d'une oeuvre marquera la littérature anglaise au point qu'il sera objet de débats pour toutes les générations qui suivirent : les romantiques prendront position pour ou contre Johnson et la critique du XXe siècle le placera au centre de ses préoccupations (Virginia Woolf ou T. S. Eliot, par exemple).

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  • Ces nombreux articles permettent d'entrer de plain-pied dans la vie littéraire des années 1920, d'autant qu'ils sont complétés par des Revues de revue qui évoquent précisément la vie de la presse littéraire de cette période. Des auteurs tels que Michaux, Hellens, Havet, Faÿ, Breton, Ribemont-Dessaignes ou encore Saint-John Perse font l'objet d'une critique.
    Des débats et scandales littéraires sont également évoqués. La quasi-totalité des critiques sont accompagnées de notes de bas de page, comme l'ensemble des articles des OEuvres complètes.
    Celles-ci, au-delà d'un éclairage biographique parfois nécessaire, cherchent avant tout à replacer les écrivains évoqués dans leur époque, à tracer des liens éventuels avec Crevel, à replacer l'article dans un contexte historique et littéraire plus général.

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  • L'Amour de la vie est le recueil d'Hazlitt le plus complet jamais traduit. Si les thèmes abordés dans ces essais sont variés - de l'art du voyage à celui de vivre pour soimême, en passant par la satire politique, la peinture (Hogarth, David Wilkie...) et la littérature (Coleridge, Wordsworth...) -, Hazlitt s'y montre constant à la fois dans le souci d'émancipation et dans une férocité qui est moins la marque de l'aigreur que le corollaire d'un refus des illusions sociales et d'un sens de l'humour des plus aiguisés. Un sens de l'humour presque swiftien qui nous vaut le bonheur de voir épinglés les bourgeois « ayant plus de gravité que d'intelligence », les bigots « qui ont une égale facilité à pêcher et à se repentir », ou encore le politicien « faiseur de guerre plein d'humanité ».

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  • Troisième livre de François Esperet, Visions de Jacob fait suite aux remarqués Larrons (2010, Forges de Vulcain, rééd. Le T emps des cerises) et Gagneuses (2014, Le T emps des cerises). Libre évocation de la figure biblique de Jacob, de sa naissance à sa victoire sur l'ange, le texte tient de la chanson, de l'épopée médiévale, de la prose hallucinée, tout autant que du poème, au sens où le genre se pratique aujourd'hui.
    Véritable flot poétique, Visions de Jacob combine à la manière d'un morceau de free jazz scènes triviales et rêveries mystiques dans un rythme dont on peinerait à trouver des équivalents dans le paysage littéraire contemporain. C'est cette originalité radicale qui a valu leur visibilité aux précédents recueils de François Esperet et qui a amené le Sandre à publier ce livre.

  • "Mais que dire des néoféministes qui auront appris à gravir les échelons du pouvoir au gré de leurs liftings ? Que dire de leur constant effort pour dépassionner la vie ? Sinon que tout se tient et que leur "pragmatisme" est le nouveau maquillage dont se pare la servitude volontaire. Mais aussi qu'il est grand temps de regarder ailleurs et autrement, et surtout qu'il est encore et toujours temps de déserter". Annie Le Brun.

  • Ces OEuvres complètes présentent d'abord un intérêt littéraire : l'écriture de Crevel, hantée par la poésie bien qu'elle soit le plus souvent en prose, est portée par les tensions de son temps. Elle s'attaque à tous les outils d'asservissement de l'homme et raisonne des combats intérieurs qui déchirent l'auteur - combats intimes, combats surréalistes et combats politiques. Mais au-delà de la redécouverte d'un écrivain important de la constellation surréaliste, ces oeuvres se veulent comme un témoignage historique des années 1920 et 1930 : René Crevel en effet traverse la tourmente de ces années, témoin engagé de la vie littéraire des années 1920, « surréaliste absolu », il dénonce sans repos la montée des périls fascistes et nazis au début des années 1930.

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  • « Le chemin de la poésie est étroitement dépendant de celui des idées révolutionnaires, mais il existe une tradition révolutionnaire spécifiquement poétique. De Pétrus Borel et de Nerval, ce chemin passe par le pays de Baudelaire pour rejoindre les régions de Lautréamont, de Tristan Corbière et de Rimbaud. » - Tristan Tzara

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  • Le retrait

    Collectif

    Le theme du cinquieme numero de la revue Jardins est le retrait. Terme polysemique, rarement utilise lorsqufon parle dfart du paysage, il nous renvoie pourtant aux racines memes du jardin.
    Etymologiquement, les mots qui designent le jardin (le persan pairida.za, et sa traduction grecque, paradeisos, le germanique gart, le latin hortus) definissent un lieu cloture, physiquement separe du monde environnant.
    Ce qui caracterise le jardin est donc sa qualite dfespace autre, delimite et separe du dehors, comme lfenclos du sacre lfest de lfespace du profane, ou la salle du theatre du monde á reel â. Faire un jardin, cfest donc faire un pas de cote, se mettre a lfecart et fonder un lieu alternatif, un refuge possible.
    Cependant, le jardin nfest jamais tout a fait entierement replie sur lui-meme. Ses clotures sont poreuses.
    Si le pairida.za persan, ancetre des jardins dfOccident, est un enclos, il est aussi traverse, comme lfEden de la Bible, par les quatre fleuves qui irriguent la terre et qui prennent leur source en son centre. Ainsi, le jardin devient imago mundi : une image ideale du monde tel qufil devrait ou pourrait etre. Le pairida.za servait dfailleurs a proteger les vegetaux et les animaux rares et precieux provenant de regions lointaines qui etaient reunis dans son enclos.
    Le jardin est donc un lieu ferme et, cependant, ouvert sur lfespace environnant. Ferme car separe par une cloture et ouvert car il contient et protege tout ce que le vaste monde recele de plus precieux.
    Ce double statut, si singulier, du jardin, stimule et nourrit lfart du paysage. Les solutions qufil offre, allant de la retraite grandiose et publique de Versailles aux á jardins de resistance â de nos jours, sont innombrables. Ainsi, sfil offre aux hommes un lieu de retrait, il se presente egalement comme espace propice a lfutopie.
    Cependant, ce qui defi nit lfutopie est sa qualite de lieu hors du reel. Le mot a ete cree par Thomas More, au XVie siecle, a partir du grec ou-topos, á nulle part â, pour designer une ile ideale ou se developpe une societe parfaite, antithetique de lfAngleterre reelle de lfepoque. Le jardin, lui, est un lieu on ne peut plus reel, materiel, a vivre, a respirer, a toucher, a observer, a soigner chaque jour. Une utopie qui trouve lieu ou, comme lfexplique Foucault, une localisation physique de lfutopie (á Des espaces autres â, Dits et ecrits, Gallimard, 1984).
    Les exemples sont nombreux : les jardins concus comme lieux ou lfon se retire du monde ; les utopies agricoles ; les enclos jardines dans les hopitaux ou le jardinage devient un outil de soin et de renaissance ;
    Les potagers et les vignes ou lfon experimente des pratiques biodynamiques, voire spirituelles, comme celles de Fukuoka et de sa á revolution dfun brin de paille â ; les jardins partages ou lfon reintroduit en contrebande la creativite et la fertilite au coeur meme de la ville moderne.

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  • De ses pérégrinations en Europe, Gérard de Nerval a rendu compte dans des articles nombreux.
    Cette production foisonnante, publiée dans les journaux et revues de l'époque, est très peu et surtout très mal connue, puisque Lorely et les pages liminaires du Voyage en Orient n'en donnent qu'un reflet partiel. Et il est de surcroît malaisé, voire impossible, de se faire une idée des différentes versions des récits de voyage nervaliens à partir du seul appareil critique des variantes qui accompagne les éditions "définitives".
    D'où l'intérêt de découvrir l'écrivain voyageur dans le jaillissement de son inspiration première et de suivre le processus de mutation qui - essentiellement par l'introduction de la fiction - fait accéder les premiers feuilletons de voyage, parus en ordre dispersé, au statut d'oeuvres abouties. En proposant les versions originales de ces feuilletons plutôt que les états derniers des mêmes textes, le présent recueil s'attache également à reconstituer les étapes d'autres cheminements, tout littéraires ceux-là, qui voient le "commis-voyageur de Paris à Munich" devenir progressivement, sous nos yeux en quelque sorte, l'auteur de Sylvie, d'Aurélia et des Chimères.

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  • Sous le titre Les Confidences de Nicolas, Gérard de Nerval consacre en 1850 une longue et remarquable étude à Rétif de La Bretonne (1734-1806), l'auteur du Paysan perverti, de Monsieur Nicolas et des Nuits de Paris. Dans son oeuvre, Rétif avait fait le choix de raconter son existence "sans détours et sans voiles" et de supprimer tout filtre entre la vie et l'oeuvre littéraire. Usant avec une totale liberté des textes autobiographiques laissés par son modèle, Nerval s'est appliqué à recomposer la vie de celui-ci, dans un portrait qui peut passer à beaucoup d'égards pour un Contre Nicolas, ou un Anti-Rétif.

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  • "Un artiste, Monsieur, n'a aucune espèce de sympathies éthiques.
    La vertu et la scélératesse sont simplement pour lui ce que sont pour le peintre les couleurs sur sa palette."

    Une série d'articles d'Oscar Wilde sur la peinture, la littérature, le théâtre et lui-même.

    Recueil traduit par Albert Savine et préfacé par Laure Defiolles


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  • Dès que je fus installé chez moi, je rechignais à jeter les bouteilles vides : elles faisaient partie intégrante de mon décor.
    L'exiguïté de mon premier logement fit qu'il n'exista bientôt plus qu'un chemin, bientôt un sentier entre les bouteilles.
    Plus tard, villa Niel, je m'étais considérablement agrandi. Les bouteilles furent rassemblées dans la salle à manger, devant la cheminée, formant une sorte de massif. Quand je recevais, il m'arrivait de mettre une fleur dans chacune d'elles : cela devenait un parterre, c'était du meilleur effet.
    Durant toutes ces années, je ne gardais en fait que des bouteilles mémorables après les avoir vidées. Ma curiosité insatiable pour toutes les choses du quotidien faisait que j'en achetais aussi pour les voir, pas pour les boire. Les premières appartenaient à l'histoire de mes imbibitions, les autres me racontaient une histoire - et c'est tout ce que j'aime. Mes nombreux voyages ne pouvaient qu'ajouter au pittoresque de ma récolte de chasseur-cueilleur.
    Cet ensemble hétéroclite a trouvé refuge aujourd'hui sur les trois rayons d'une étagère ingénieusement conçue pour masquer en partie ma cuisine - je range de l'autre côté mon épicerie sèche, très pratique.

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  • Jean Lorrain (de son vrai nom Paul Alexandre Martin Duval, 1855-1906) a écrit des vers quarante ans durant, publié cinq volumes de poésies ; on retrouve ses poèmes dans une partie de son théâtre, ses chansons, plusieurs chroniques, certains de ses contes, dans l'opéra qu'il commença à composer juste avant sa mort ; sa poésie a rempli, entre 1882 et 1905, les colonnes d'une trentaine de journaux et revues. Pourtant l'image que le grand public retient de lui n'est pas celle d'un poète mais celle d'un romancier et chroniqueur féroce.
    Jean Lorrain fait son entrée offi cielle dans la poésie en 1882 en publiant à compte d'auteur Le Sang des dieux chez Alphonse Lemerre, ouvrage orné en frontispice d'un dessin de Gustave Moreau. Les dédicaces qu'il adresse aux différents écrivains (Leconte de Lisle, Théodore de Banville et Victor Hugo.) témoignent tout autant de son admiration que d'un besoin d'attirer leur attention. Le Sang des dieux fut loin d'être un succès de librairie et la critique ne fut pas toujours tendre, mais, fort de ce premier volume, Lorrain approche les jeunes revues à succès qui vont lui permettre de se faire un nom et de toucher un large public.
    Suivront, en 1883, son deuxième recueil, La Forêt bleue, volume particulièrement soigné (toujours à compte d'auteur chez Lemerre) et, en 1885, Modernités (chez Étienne Giraud). Dans ce dernier, délaissant les Parnassiens, il choisit de donner à sa poésie une nouvelle direction : il n'est plus question de légendes ni de princesses, mais d'un portrait charge de la société - une société faite de prostituées, d'aristocrates déclassés, de journalistes corrompus, de femmes adultères. Autre fait nouveau : il se met à décocher des fl èches contre certaines personnalités bien connues du Tout-Paris et de nouveaux dédicataires, représentatifs de cette modernité, font leur apparition (Adolphe Willett, Émile Goudeau, Rodolphe Salis, J.-K. Huysmans, Émile Zola.). On critique Modernités, on le condamne fermement parfois, mais on en parle et, pour Lorrain, c'est autant de publicité qui vient renforcer celle qu'il assure déjà. Ce recueil restera une expérience unique dans son parcours poétique.
    En 1886, Lorrain témoigne une nouvelle fois d'une forte activité en publiant vingt-sept poèmes en neuf mois. Nombre d'entre eux proviennent de ses futures Griseries. Le premier poème, dédié à Edmond de Goncourt, écrivain que Lorrain admire et pour lequel il éprouve une profonde amitié, donne immédiatement le ton : Les Griseries célébreront le XVIIIe siècle. D'autres noms contribuent à prolonger cette atmosphère du siècle passé (Watteau, Verlaine, Willette, Lancret, Lulli.) qui résonnent comme des correspondances, que Lorrain prolonge dans diverses chroniques. Chez lui, l'écriture et la peinture souvent se rejoignent et se complètent. Avec Les Griseries, qui reçoit un acceuil mitigé, Lorrain signe son dernier volume original, L'Ombre ardente (1897, Fasquelle) étant essentiellement une reprise d'anciens poèmes et se présentant davantage comme un témoignage de quinze années de travail. Durant les années qui suivent en effet, il réduit clairement son activité poétique au profi t de ses activités de journaliste et de romancier.
    En 1897, Jean Lorrain est avant tout connu comme le célèbre chroniqueur de L'Écho de Paris ou l'écrivain à qui l'on doit Sonyeuse (1891), Buveurs d'âmes (1893), La Petite Classe (1895), Monsieur de Bougrelon. mais il est toujours resté, au fond de lui-même, un poète.

  • " Nous sommes enfin mouillés dans la rade de Rio après 2 mois de mer et de bien mauvais temps. A 3 heures, nous sommes entrés dans la rade en passant devant le premier fort ; on nous a hélés, il nous a été impossible de comprendre ce qu'on nous demandait ; le second fort nous a hélés ; lui à son tour n'a pu entendre nos réponses, aussi nous a-t-il flanqué un coup de canon ; ne sachant ce qu'il voulait, nous continuâmes à marcher, quand il nous envoya un second coup de canon ; nous nous sommes alors décidés à mouiller devant lui, et bien nous en a pris, car il allait nous en camper un autre et à boulet cette fois. " Édouard Manet Manet serait selon G. Bataille l'inventeur de l'Art Moderne. Ces lettres s'emploient plutôt à déconstruire la pesante figure du génie pour souligner un regard attentif et délicat posé sur les exotismes rencontrés - et la retenue modeste d'un homme.

  • Théâtre

    Guy de Maupassant

    Ce livre est la première édition du théâtre complet de Maupassant.
    Il regroupe les cinq pièces jouées ou publiées du vivant de Maupassant : A la feuille de rose, maison turque (1875), Histoire du vieux temps (1879), Une répétition (1880), Musotte (1891), et La Paix du ménage (1893). En annexe figure La Trahison de la Comtesse de Rhune (1877), jamais jouée et laissée à l'état de manuscrit, et la saynète La Revanche (1886). Volontiers contradictoire, Maupassant disait ne pas aimer se rendre au théâtre, par crainte de l'ennui et du manque de confort, mais était en réalité passionné par la scène, comme en attestent les souvenirs de Charles Lapierre : "Une seule chose pouvait distraire Maupassant du canotage, c'était le théâtre.
    Il avait pour complice de sa passion Robert P[inchon], avec lequel il fit, en 1873, pour son début, une comédie-libre, en un acte, quelque chose comme une Lysistrata en diminutif. Le sujet était scabreux, si la forme était châtiée. Il nous suffira de dire que l'action se passait dans un harem parisien. Les acteurs étaient Robert Pinchon, Guy de Maupassant qui faisait un rôle de femme, MM. Maurice Leloir, D...
    Et F..., etc." La pièce en question est A la feuille de rose, maison turque, pièce érotique dans laquelle Maupassant tient le rôle de Raphaële, l'almée la plus demandée du bordel parisien. Si ses autres pièces sont plus chastes, et si elles ont été montées dans les théâtres parisiens plutôt que dans le cénacle d'un Maupassant travesti pour l'occasion, toutes ont en commun le souci de dé-jouer l'hypocrisie des moeurs du XIXe siècle finissant : à la manière d'un moraliste plus que d'un boulevardier, il épingle la brutalité des pères et la stupidité des maris, dans une société où l'adultère reste un délit pénal, la possibilité du divorce n'étant rétablie qu'en 1884.
    Le présent texte a été établi par Noëlle Benhamou, chercheuse et auteur de Filles, prostituées et courtisanes dans l'oeuvre de Guy de Maupassant (Presses du Septentrion, 1997). La publication du Théâtre de Maupassant a reçu le soutien du Centre national du livre.

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  • Relisant ses lettres à Trebutien (dont l'intégralité paraîtra chez Bartillat en janvier 2012), Jules Barbey d'Aurevilly s'enthousiasme pour cette correspondance "intéressant[e] comme un roman", et plus particulièrement pour les passages de cette correspondance où il est question des amours malheureuses de son éditeur et ami.
    Pendant près de huit ans, Trebutien fut en effet l'amoureux transi et malmené d'une certaine Louise Trolley, odieux bas-bleu provincial, capricieux et sans coeur, aux yeux sévères de Barbey, qui devient néanmoins peu à peu l'un des personnages centraux de sa correspondance. Des années durant, Barbey, qui se flatte de connaître les secrets du coeur féminin et de posséder à fond la "science de la séduction", "Sardanapale d'Aurevilly", comme il se rebaptise avec une réjouissante forfanterie, dispense à Trebutien des conseils de machiavélisme amoureux, formule des sentences définitives sur les misères de la vanité féminine et les moyens de la mater, et profère des imprécations de plus en plus violentes contre la "damnée et damnante femelle" qui a ensorcelé son ami...
    Dans une lettre du 4 avril 1857, il lui soumet un projet de publication pour le moins singulier : pourquoi ne rassembleraient-ils pas pour les publier ces fragments épistolaires, qui formeraient, ainsi réunis, la matière d'"un roman épistolaire à un seul correspondant, chose neuve !" ? A défaut du Traité de la princesse que Barbey rêvait d'écrire, un tel "roman épistolaire" aurait donné à voir la Princesse maltraitée, et vengé par là même le malheureux Trebutien des rigueurs de sa cruelle.
    Trebutien ne donna pas suite à ce projet qui ne dut pas beaucoup lui plaire... Pas plus que le Traité de la princesse, la Princesse maltraitée ne vit le jour. Ce "roman épistolaire à un seul correspondant" demeura, comme tel, inédit, perdu et noyé dans les limbes des Lettres à Trebutien, dont Mathilde Bertrand, maître de conférence à la Sorbonne, a su l'extraire pour réaliser la "rêverie" que Barbey a nourrie et mettre au jour la puissance poétique et comique de ces pages retorses, sincères et rouées tour à tour, innocentes et perverses, pathétiques et ironiques à la fois

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