Syllepse

  • « On fabrique, on vend, on se paye », voilà ce qui s'affichait au fronton de l'usine Lip (Besançon) en 1973. Les images feront le tout du monde.
    Lip, c'est d'abord l'histoire d'une horlogerie renommée mondialement, de tradition et d'excellence à Besançon, qu'une multinationale rachète pour la marque, avec l'intention de licencier des centaines d'hommes et de femmes qui y travaillent.
    Charles Piaget, porte-parole des Lip, se fait le témoin et la mémoire de cette grève qui marqua l'actualité politique et sociale de la France des « années 68 ».
    Il explore les formes, alors inédites, de la lutte :
    Une intersyndicale, des commissions impliquant l'ensemble des salarié·es, des assemblées générales qui décident des actions et qui désignent et contrôlent les porte-parole, l'autogestion.
    Et surtout, il nous rappelle que les Lip vont aller au-delà de ce qui était imaginable en franchissant la ligne jaune de la légalité et du droit de propriété en se saisissant des stocks de montres pour en faire leur « trésor de guerre ». Pis, ils iront jusqu'à remettre l'usine en route pour fabriquer des montres, pour les vendre, et pour se verser un salaire.
    Enfin, Charles Piaget nous raconte les suites de la grève de dix mois, l'engagement de réembauche de tout le personnel, les six années de rebondissements, d'avancées et d'obstacles, avec la création de coopératives.
    Photographies et documents donnent à ce « Coup pour coup » le choc des images.
    À près d'un demi-siècle de distance, c'est une histoire très proche de l'actualité de la crise sanitaire et sociale dans laquelle nous sommes, avec ses fermetures d'entreprises, ses licenciements et toujours les abus de pouvoir des multinationales.

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  • Au Loong Yu vit à Hong Kong et a participé activement à la révolte contre le projet de loi sur l'extradition imposé par la Chine.
    Il nous propose une plongée au coeur de cette rébellion qui a débordé sur la question démocratique, notamment sur le droit au suffrage universel.
    Il nous propose de suivre le déroulement des évènements, de découvrir ses acteurs et ses actrices et s'interroge sur l'avenir de ce soulèvement.
    En ouverture, l'ouvrage revient sur les événements de 2019 et les différentes tendances politiques qui traversent la révolte de Hong Kong, en particulier les « localistes » antichinois.
    L'auteur se concentre également sur le rôle-clé joué par la jeunesse, les salarié·es et leurs organisations syndicales.
    Il retrace la montée de la « génération 1997 », qui a constitué l'épine dorsale de la révolte. Et revient sur les temps forts de la protestation : les manifestations, les occupations ou les journées de grève générale les plus importants. Les lecteur·trices peuvent ainsi comprendre ce qui s'est passé réellement sur le terrain et prendre connaissance avec précision ce que les manifestant ·es ont dit et fait.
    Au Loong Yu analyse également la nature de la révolte. Profond mouvement démocratique pour la liberté ou réaction de droite, voire raciste contre les Chinois, comme certains l'affirment ?
    Le chapitre intitulé « Événements » nous propose un récit de la montée du mouvement puis de son reflux.
    Les modes d'organisation et d'action des différents courants protestataires sont également abordés.
    Enfin, Au Loong Yu explore la politique du Parti communiste chinois à l'égard de l'île, les luttes de fractions en son sein, la nature de ce régime et les raisons de sa volonté de domestiquer les Hongkongais.
    Il revient également sur la gestion de la pandémie de Covid-19.

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  • Dans le premier chapitre du Capital, Marx caractérise l'économie vulgaire en ces termes?: elle «?se contente des apparences [...] et se borne à élever pédantesquement en système et à proclamer comme vérités éternelles les illusions dont le bourgeois aime à peupler son monde à lui, le meilleur des mondes possibles?». Et ce tout simplement parce qu'elle ne parvient pas ou renonce même à «?pénétrer l'ensemble réel et intime des rapports de production dans la société bourgeoise?».
    Or, de même qu'il existe ainsi une apologie vulgaire du capitalisme, il en existe une critique non moins illusoire. Même ignorance radicale des rapports capitalistes de production, même fascination exercée par leurs apparences fétichistes (la marchandise, l'argent, la comptabilité nationale et ses instruments statistiques, etc.), même volonté d'en rendre compte en termes de pseudo-lois transhistoriques, même enfermement dans le cadre d'une idéologie sacralisant la propriété privée, la liberté d'entreprendre et l'égalité réduite à sa dimension juridique, qui limite du même coup ses propositions de réforme à des mesures de redistribution des revenus et de la propriété.
    C'est à démontrer que Thomas Piketty en reste au niveau de cette critique illusoire que cet ouvrage s'emploie, tout en développant en contrepoint les éléments d'une critique radicale.

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  • «Ce livre est parti d'un désir et d'une nécessité: partager les expériences, les rencontres et les émotions qui nous ont traversées au coeur de la révolution du Rojava. Un désir, parce qu'autant de beauté, d'énergie et d'espoir doivent être diffusés le plus largement possible et doivent pouvoir imprégner chacune de nos vies, chaque lutte à travers le monde. Une nécessité parce qu'il est de notre responsabilité de ne pas faire de ce temps au Rojava une expérience personnelle, mais de faire connaître le projet et la réalité révolutionnaire de celles qui nous ont tant appris.».
    L'ouvrage que vous tenez entre vos mains a été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au coeur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient.
    Avec ce récit, elles nous invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base...
    Textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews, autant de formes différentes qui font palpiter ce livre et permettent d'approcher les émotions les plus intimes, la pratique quotidienne et les enjeux géopolitiques.
    Une porte ouverte aux réflexions et discussions pour se nourrir ici de ce qui est expérimenté là-bas.

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  • La crise sanitaire a achevé de dédiaboliser la démondialisation, soit l'idée d'un recul de l'interdépendance des économies, longtemps accaparée par la droite populiste.
    La nécessité de récupérer des formes de souveraineté politique sur la production et l'échange de biens met désormais tout le monde d'accord, ou presque.
    Si, derrière la rhétorique, la plupart des dirigeants envisagent des ajustements pragmatiques, soit le rapatriement des secteurs industriels jugés stratégiques, une défiance plus forte vis-à-vis du libre-échange s'est installée dans l'opinion occidentale.
    Elle est alimentée par les délocalisations, la paupérisation des classes populaires et la conversion au « local » d'une classe moyenne « ouverte sur le monde », mais tourmentée par la crise environnementale.
    Le rôle de champions du libre-échange a-t-il dès lors été récupéré par les pays émergents, que d'aucuns présentent comme les gagnants de la mondialisation ?
    En partie seulement, comme le montre la décision de l'Inde de tourner le dos à l'immense zone de libreéchange asiatique.
    Plus largement, l'intégration aux chaînes de valeur internationales coexiste avec la volonté de se recentrer sur les marchés intérieurs et de protéger des importations certains secteurs productifs.
    Dans le même temps, la prétention des États au monopole du contrôle sur les territoires, au nom du développement national, est contestée par des acteurs paysans et indigènes, qui défendent une conception plus populaire et locale de la souveraineté.

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  • Cet ouvrage propose l'histoire de ce groupe singulier, Socialisme ou Barbarie, qui publiait une revue du même nom, et a marqué d'une empreinte durable et profonde l'histoire intellectuelle et politique française.
    Ce collectif se distingua notamment par une critique radicale de la bureaucratie et du stalinisme et, simultanément, par une critique tout aussi radicale du capitalisme occidental dans la perspective d'une autogestion de l'ensemble des domaines de la vie sociale. Le groupe, affirmant un marxisme antistalinien, s'attachera à développer une critique en actes de l'intelligentsia marxiste, des partis « communistes » et des avantgardes révolutionnaires.
    On peut également lire, dans certaines idées et pratiques de Socialisme ou Barbarie, une préfiguration des courants et débats qui animeront les années 1960 et 1970. De même, de nombreuses passerelles existeront entre ce groupe et le mouvement situationniste.
    Dominique Frager livre dans ces pages une histoire vivante de la genèse et du développement de ce collectif, de sa production théorique et de sa tentative de construction d'une nouvelle organisation politique. Il aborde les ardents débats qui le traversèrent, parfois jusqu'au déchirement, ainsi que les discussions et oppositions avec les autres intellectuels et courant politiques contemporain : Jean-Paul Sartre, Edgar Morin et la revue Arguments, le Parti communiste français, la Nouvelle Gauche...
    Témoin et acteur des dernières années de cette aventure, Dominique Frager a, en outre, eu accès aux archives de Socialisme ou Barbarie. Par ce livre, il entend contribuer à retracer l'histoire d'un groupe dont les idées et les pratiques, ainsi que l'influence, racontent tout un pan de l'histoire de la gauche radicale en France.

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  • De Haïti au Soudan, en passant par les rues d'Alger et de Hong Kong, une vague contestataire mondiale vue du Sud.
    La simultanéité, l'ampleur et la radicalité des soulèvements populaires de l'automne 2019 au Chili, en Équateur et au Liban surprennent. Elles obligent à réévaluer d'autres mouvements, débutés plus tôt et toujours en cours - en Haïti, au Soudan, en Algérie, à Hong Kong... -, et à porter un regard plus attentif sur la conflictualité sociale dans le monde.
    Au-delà des affinités relevées, la coïncidence dans le temps et la diffusion dans l'espace marquent-elles un nouveau «printemps des peuples»?
    Si les revendications et les modes d'action convergent jusqu'à un certain point, le développement des luttes demeure tributaire du mode de gestion étatique de la contestation et de la cohésion des élites au pouvoir. Et les soubassements politiques et moraux de ces mobilisations sont ancrés dans des histoires nationales, dont l'héritage est revendiqué.
    Le visage des révoltes - celui d'une jeunesse urbaine précarisée au sein de laquelle les femmes jouent un rôle important -, ainsi que l'évidence médiatique de ressorts communs - l'utilisation des réseaux sociaux, le recours aux cultures populaires, la spontanéité et l'horizontalité des modes d'organisation... - méritent d'être interrogés.
    Ces soulèvements répondent à des contextes particuliers, mais traduisent aussi de nouvelles circulations internationales des luttes. Assiste-t-on dès lors à une mondialisation de la protestation sociale??

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  • 1871-2021, la Commune a 150 ans. Un siècle et demi! Deux écueils possibles: la commémoration acritique, à grand renfort d'images sacrées, de récits hagiographiques (souvent préconçus); l'ignorance d'un pan d'histoire ouvrière inconnue car vieille, combattue par l'ordre, mal ou non enseignée, masculinisée... Dans les deux cas, ce serait ne pas servir nos réflexions et actions d'aujourd'hui, et de demain, pour l'émancipation sociale.
    Roger Martelli, coprésident des Amis et amies de la Commune de Paris (1871) nous invite à croiser les regards sur ces 72 jours, leurs significations, conséquences et enseignements. Finalement, «tout dépendra d'abord de ce que ses héritiers et héritières voudront faire de l'événement Commune de Paris»! Dans une conversation à quatre voix, Ludivine Bantigny, Maryse Dumas, Christian Mahieux et Pierre Zarka explorent ce qui, depuis 1871 tisse ce fil rouge: Communs, Commune, se fédérer, autogestion, révolution.
    Que fut l'oeuvre de la Commune? Gérard Coste retrace l'importance des services publics. Anouk Colombani réhabilite les femmes au travail, puis laboure les étranges résonances entre les débats sur le travail des ouvriers-boulangers et nos débats contemporains sur la démocratie du travail. Jean-François Dupeyron met en lumière les apports des communard·es dans le domaine de l'éducation. Georges Ribeill nous raconte le chemin de fer et les cheminots de 1871. Christian Mahieux exhume le caractère novateur des décisions prises en matière de laïcité.
    Assiégée par l'armée prussienne, affamée et attaquée par la bourgeoisie versaillaise, la Commune n'a pas bénéficié d'un contexte favorable aux expériences sociales. C'est peu de le dire ! Cela ne l'empêcha pas de prendre des mesures qu'aucune institution républicaine n'a renouvelé depuis 150 ans; ainsi des décrets permettant la réquisition d'entreprises que présente Christian Mahieux. Il nous rappelle aussi que la Commune n'échappe pas à son temps: la lutte contre le colonialisme ne fait pas partie des préoccupations. Entre membres de la Commune, débats et divergences ont existé: quels enjeux autour de la définition d'une minorité et d'une majorité?
    Patrick Le Tréhondat nous explique la démocratie en armes, autre innovation communarde que la bourgeoisie s'empressa de faire disparaitre pour laisser la place à « la grande muette ». La Commune, comme tous les mouvements collectifs, ce sont des femmes et des hommes qui s'associent librement, pour lutter, revendiquer, rêver, construire ... «Parmi les insurgé·es, se trouvaient des femmes qui sont invisibilisées.» Avec Elisabeth Claude, sortons-les de l'ombre et faisons connaissance! Christian Mahieux nous propose de découvrir un homme et une femme de la Commune: Eugène Varlin et Léodile Bera, dite André Léo. Éric Toussaint explique les atermoiements face à la Banque de France.
    Malgré les circonstances tragiques, les arts furent si au coeur des préoccupations révolutionnaires. N'est-ce pas somme toute logique, que ce soit au travers d'eux aussi que se joue une guerre d'interprétation de la Commune mais aussi les possibilités de sa perpétuation?
    Un CD accompagne ce numéro. Il mêle des voix militantes d'aujourd'hui, pour la Commune. En italien, en français, en occitan, a capella ou instrumental, enregistré à distance ou ensemble, pris en manif, chanteurs des soirées militantes ou chanteuses professionnelles, chanter la Commune c'est aussi continuer à la faire. A partir des chansons de la Commune, Mymytchell entend «questionner le lien inestimable entre l'expérience politique et le fait de chanter - avec la seule idée de participer à le faire perdurer dans notre esprit et le ranimer dans nos pratiques!» Tandis qu'Anouk Colombani nous livre une interview d'une communarde contemporaine, Dominique Grange.
    Gérard Gourguechon montre le lien qui unit les écrivains contre la Commune aux éditorialistes contre nos grèves : la haine et le mépris de classe. Barbara Issaly montre la place de la Commune dans la Bande dessinée.
    On prête parfois à la Commune des décisions, des actes, voire mêmes des intentions qu'elle n'a pas eu. C'est l'objet d'une des rubriques du blog de Michèle Audin, qui nous confie ici que, non, la Commune n'a pas brulé la guillotine. La Commune: de Paris? Oui, mais pas seulement. Bernard Régaudiat analyse celles de Marseille en 1870 et 1874, Matthieu Rabbe raconte Lyon, les camarades de la revue Solidaritat nous décrivent Nîmes, et Christian Mahieux évoque Saint-Étienne, Narbonne, Toulouse, Grenoble, Le Creusot, et Limoges ; et aussi Montereau ou Brest.
    L'internationale sera le genre humain... Les militant·es de la Fundación Salvador Segui explique le retentissement de la Commune en Espagne. Nara Cladera nous fait découvrir les communards en Uruguay. Cybèle David nous parle de l'autonomie zapatiste et Richard Neuville de la Commune d'Oxaca, au Mexique.
    Quelques repères sont nécessaires, pour mieux appréhender tout ceci. C'est ce que nous proposent Philippe Barrre et Alice Rodrigues, avec deux chronologies: de 1789 à 1871, en passant par 1792, 1830 et 1848; de la Commune proprement dite. Renvois vers le dictionnaire biographique Maitron et plusieurs sites internet consacrés à la Commune, ainsi qu'un court lexique complètent cet ouvrage. Enfin, Charles Jacquier revient sur les 100 ans d'une autre Commune, celle de Cronstadt.
    Les dessins originaux de Tardi et d'Hélène Maurel, ainsi que deux textes de Jacques Prévert participent de la réussite de ce numéro. Une fois de plus, Serge D'Ignazio nous a généreusement offert plusieurs de ses photos. Merci aussi à Jihel.

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  • Les utopiques N.17 ; des combats pour l'enfance à la jeunesse en lutte Nouv.

    Cette livraison d'été des Utopiques comporte un dossier sur l'enfance et de la jeunesse. Si nous avons l'émancipation au coeur, c'est bien dans la société entière que celle-ci doit pleinement se réaliser et à chaque âge de la vie. Loin de faire le tour de la question, le numéro s'intéresse à l'enfant dans les pédagogies alternatives et émancipatrices, aux droits de l'enfant, comme à la place à donner à « l'enfance » en tant que telle, mais aussi aux mythes et réalités autour de l'adoption internationale.
    Nara Cladera revient, témoignages poignants inédits à l'appui, sur les « enfants volés » par la dictature argentine dans les années 70 et sur le mouvement des grands-mères de la Place de mai. Deux articles traitent des enfants dans la Commune de Paris, poursuivant ainsi le précédent numéro intégralement consacré à cet épisode majeur des espoirs révolutionnaires.
    Ludivine Bantigny, historienne, replace l'histoire de la jeunesse dans celle de la France capitaliste. De quels outils collectifs se doter dans la jeunesse, comment garantir son auto-organisation ? Les combats syndicaux des lycéen·nes et étudiant·es sont évoqués : la lutte contre le CPE en 2006, l'expérience des Jeunesses syndicalistes, les conséquences du confinement lié à l'épidémie de Covid-19.
    La réalité de la « démocratisation » scolaire est interrogée : d'un point de vue général comme au travers de « celles et ceux des lycées pro ». La jeunesse, c'est aussi celle qui est « sans-papiers » : le jeune Madama ou, plus globalement, les Mineurs non-accompagnés ou Jeunes isolé·es étranger·es.
    Enfin, deux sujets sont proposés à la réflexion, « hors-dossier » : les porte-paroles de l'Union syndicale Solidaires, Simon Duteil et Murielle Guilbert, invitent à réfléchir sur le rôle et le sens du syndicalisme ; Gilbert Achcar s'intéresse aux contours de l'impérialisme aujourd'hui.
    Enfin, à l'occasion de la 4e rencontre internationale, prévue à Dijon en septembre 2021, nous présentons le site et les activités du Réseau syndical international de solidarité et de luttes.

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  • Le Maroc pourra-t-il éviter des contestations majeures, plus profondes et plus radicales, que celle amorcée en 2011 par le Mouvement du 20?février dans le sillage des processus révolutionnaires qu'a connu la région ?
    Les résistances populaires dans le Rif, la multiplication des mouvements sociaux, les nouvelles formes d'organisation et d'action attestent de l'ébullition sociale qui couve au Maroc.
    La monarchie en place voit, au-delà des apparences, son mode de domination ébranlé et atteindre ses limites. Son modèle de développement basé sur un capitalisme patrimonial, distribuant prébendes et entretenant un clientélisme élargi, adossé à un régime policier, connaît une crise majeure renforcée par son insertion dans la mondialisation actuelle.
    Ce capitalisme de copinage, en grande partie prédateur, déstabilise les rapports de l'État marocain au corps social, sape les fondements de sa légitimité.
    Analyser et comprendre ces particularités marocaines dans ses différentes facettes, c'est ce que cet ouvrage propose dans un premier temps.
    Pour autant, malgré l'émergence de la question sociale comme question politique fondatrice ouvrant de nouvelles possibilités politiques, aucune alternative ne semble se dessiner tant les forces candidates à la transformation du système restent enfermées dans des schémas qui relèvent d'une autre réalité historique, celle du siècle passé.
    La société marocaine contemporaine offre une nouvelle complexité sociale que l'auteur se propose de déchiffrer et propose d'en tirer des éléments de réflexion nécessaires à un projet d'émancipation du 21e siècle en partant des défis actuels et de ce que nous apprennent les mouvements sociaux.

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  • Faut-il encore écrire sur le colonialisme et le néo- co lo nia lisme ? De manière récurrente, l'accusation d'un ressassement morbide d'une histoire révolue est brandie à l'encontre de ceux qui répondent po si ti- vement à cette question.
    Pourtant, du projet Montagne d'Or en Guyane au référendum en Nouvelle-Calédonie/Kanaky en pas- sant par la situation de Mayotte, tout nous ramène au présent colonial de la république française.
    Certes, les appréciations sur le passé colonial ont été contraintes de prendre en compte, peu ou prou, les indépendances du siècle dernier, mais avec, ne l'oublions pas, des retours réguliers d'une tentation révisionniste, à l'image de la loi du 23 février 2005 évoquant « l'oeuvre positive de la colonisation ».
    Depuis, de manière régulière, nos chefs d'État ne cessent de s'illustrer par des représentations et grilles de lecture datant historiquement de cette phase par- ticulière de l'histoire de l'humanité qu'a été la colo- nisation succédant, à son tour, à une phase, tout aussi spécifique, celle de la mise en esclavage sur plusieurs siècles, avec une ampleur industrielle inédite.
    De « l'homme africain pas assez entré dans l'his- toire » de Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007 au « sept à huit enfants par femme » d'Emmanuel Macron en 2017, censés expliquer la pauvreté des habitants du continent, le même imaginaire colonial continue de faire irruption régulièrement pour expliquer le scan- dale de la paupérisation maintenue six décennies après les indépendances.
    Cet imaginaire ne peut pas, comme le démontre l'auteur, se réduire à une simple persistance du passé.
    Il n'est pas une survivance d'une époque révolue ou une trace héritée vouée à disparaître par l'épuise- ment du temps.
    Il reflète les rapports de dominations que la France entretient avec les confettis encore colonisés de son ancien empire colonial, euphémiquement appelés « Outre-mer » d'une part et avec ses anciennes colonies sous la forme du néocolonialisme d'autre part.
    De la Françafrique aux Antilles dites françaises, c'est à des incursions précises et thématiques dans l'histoire et le présent coloniaux de la France que nous invite ce livre.

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  • Thomas Sankara reste une figure de premier plan du panafricanisme et de l'anticolonialisme.
    Durant son passage à la tête du Burkina Faso, interrom- pu par son assassinat en 1987, Sankara a marqué l'histoire de son pays, de son continent, et plus largement la mémoire des luttes anti-impérialistes.
    Pourtant aujourd'hui encore, de nombreux discours restent inédits, une motivation suffisante pour la publication de ce nouveau recueil, dont les textes ont été rassemblés et commentés par un spécialiste de la révolution burkinabè et biographe de Thomas Sankara.
    On entend souvent dire que Thomas Sankara est po- pulaire parce qu'il faisait ce qu'il disait. Confronter les discours à la réalité que vivait le pays, comparer le projet aux réalisations, sont parmi les objectifs majeurs de cet ouvrage.
    Ce qui est nouveau, par rapport aux autres recueils de discours, c'est que cette fois chaque discours est précédé d'une introduction spécifique.
    Mieux le situer dans son contexte permet en effet de mieux en saisir la portée, mais aussi le mouvement.
    Pour la première fois, sont présentés ici tous les dis- cours prononcés à l'occasion des anniversaires de la révo- lution, ou du nouvel an, dans lesquels Thomas Sankara fait le point sur ce qui a été réalisé, les difficultés rencontrées et les objectifs fixés pour l'année à venir.
    Mais sont rassemblés aussi les principaux discours de Thomas Sankara. Ceux qui abordent les thèmes qui lui étaient chers : la libération de la femme, la lutte contre la dette, l'utilisation de la langue française, la défense de l'en- vironnement, la justice, le mouvement des non-alignés, les Comités de défense de la révolution, la justice populaire mais aussi le fameux discours à l'ONU où il s'affirme comme porte-parole de tous les opprimés.
    Enfin, trois textes viennent encadrer ces discours : une biographie de Thomas Sankara, la présentation de son pro- jet, et la synthèse de ce qu'on sait sur son assassinat. Un ouvrage complet permettant d'avoir une connaissance ap- profondie de cette expérience révolutionnaire inédite et du rôle qu'y a joué son leader Thomas Sankara.
    Cet ouvrage, enrichi une chronologie détaillée, offre aux lecteurs un aperçu complet de la révolution au Burkina Faso, et du rôle spécifique que Thomas Sankara y a joué.

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  • En 2010 Lula quittait la présidence du Brésil avec 80 % d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, sa successeuse est destituée par un coup d'État parlementaire et il se retrouve emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite dont les frasques personnelles en viennent souvent à éclipser la violence des politiques mises en place.
    Que s'est-il donc passé ? Fabio Barbosa dos Santos tente d'y répondre en brossant le portrait des trois mandats et demi du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui aura été le centre de gravité du changement social au début des années 80 pour se transformer au cours des années 2000 en bras gauche de l'ordre en vigueur.
    Au-delà de l'impasse de la stratégie de conciliation de classe proposée par le PT qui liait les améliorations des conditions de vie des plus pauvres aux profits des secteurs les plus conservateurs et corrompus de la bourgeoisie nationale, l'auteur montre que la priorité donnée au maintien au pouvoir et à la politique institutionnelle privilégiée par ces gouvernements a mené à un affaiblissement des mouvements sociaux brésiliens.
    Ceux-ci, affaiblis et divisés par les stratégies d'instrumentalisation de leurs dirigeants, se retrouvent aujourd'hui les mains vides pour résister.
    L'auteur plaide donc pour une ouverture des perspectives de la gauche brésilienne, au-delà de la focalisation sur l'occupation des institutions étatiques. Cela implique d'abandonner le rêve de pacification sociale porté par le PT et au contraire de renforcer les instruments de pouvoir populaire autonomes permettant aux exploités et aux opprimés de progresser vers une sortie du capitalisme.
    Ce livre, à la fois essai sur l'histoire récente et livre d'intervention a été écrit afin de donner des clés de compréhension de l'élection de Bolsonaro et de l'avenir du Brésil.

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  • Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine??
    L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes.
    Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires.
    Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du «?lulisme?» et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire.
    Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les États-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes.
    Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire.
    Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.

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  • - Le Black Panther Party par ceux et celles qui l'ont fait - Des documents d'époque qui éclairent un des épisodes les plus marquants de la lutte de libération noire américaine À l'heure où les révoltes de Ferguson ont mis en lumière la persistance du racisme structurel et des crimes policiers en Amérique, la question de l'organisation des communautés opprimées, qui est au centre de l'expérience des Panthères noires, est plus que jamais d'actualité en Amérique et en France.

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  • Dans un précédent livre, Michel Warschawski dressait le portrait du conducteur d'un bulldozer fonçant sur des maisons palestiniennes. « Cette figure, écrit Jean Ziegler dans sa préface, a valeur de parabole. Pareil au conducteur du bulldozer, coupé de la réalité, ignorant la souffrance de ses victimes, aveugle et inconscient des conséquences de ses actes, le présent gouvernement israélien d'ex- trême droite fonce à tombeau ouvert vers sa propre destruction. » Michel Warschawski, ajoute Jean Ziegler, « compare les migrations vers l'Amérique des Irlandais affamés et des pauvres du sud de l'Italie à celle vers la Palestine des Juifs atteints dans leur existence, mais dénie toute légitimité à l'État juif colonial qui opprime depuis lors - et toujours plus agressivement - les Palestiniens ».
    L'installation à Jérusalem, « définitivement » annexée, de l'ambassade des États-Unis, la féroce répression de la « marche du retour », la poursuite accélérée de la colonisation, le vote de la Loi fondamentale faisant d'Is- raël l'État de la nation juive sont autant de signaux d'alarme.
    C'est ce moment que choisit Michel War- schawski, pour dire que l'évolution du ré- gime israélien est non seulement une me- nace permanente contre les Palestiniens mais aussi une dangereuse impasse pour le peuple juif-israélien, et qu'il est temps de faire retraite.

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  • C'est en prenant pour point de départ la mort de Steve Maia Caniço dans la nuit du 21 au 22 juin 2019 que le journaliste Nicolas Mollé mène l'enquête.
    Une enquête destinée à détricoter l'ensemble des décisions qui ont conduit à la mort de Steve ce jour-là.
    Parti à la rencontre de la famille de Steve, de militants nantais, de syndicalistes, d'acteurs de ce drame, Nicolas Mollé livre un récit saisissant. Cet ouvrage est également une enquête sur le maintien de l'ordre à Nantes, des grèves de 1955 à la répression brutale des luttes autour de la ZAD, contre la loi Travail et, plus récemment, la répression des Gilets jaunes.
    « La schlague. En pleine nuit. Des coups. De matraques, à la volée. De pieds. Un Taser qui crépite. Des grenades qui explosent. La terreur. Une grenade atterrit dans une gerbe d'étincelles sur les épaules d'un homme trébuchant. Des ogives en plastique dur de lanceur de balles de défense fusent dans l'obscurité. Un chien berger malinois aboie et se cabre comme un ressort sous l'impulsion du policier le tenant en laisse. C'est la Fête de la musique quai du président Wilson.
    Steve Maia Caniço s'est noyé à 24 ans. Il a perdu la vie dans la Loire au cours de la nuit du vendredi 21 au samedi 22 juin 2019 à Nantes. Son corps a été retrouvé le lundi 29 juillet. Après plus d'un mois d'incertitudes, de manifestations, de mobilisations de la part de ses proches et de collectifs spontanés, de prises de positions ou d'interpellations des politiques. Il flottait à deux kilomètres de sa disparition, quai Fernand-Crouan, dans un secteur proche du bras de la Madeleine, au pied de la grue jaune Titan.
    Tout le monde sait qui a tué Steve. Un après-midi de septembre, ce slogan éphémère orne en lettres rouges les marches qui mènent vers la tour Bretagne à Nantes.

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  • Avec ce numéro, nous ne prétendons pas explorer tout le champ féministe du syndicalisme, tout le champ syndical du féminisme. En plus de vingt ans, les journées intersyndicales femmes y ont largement contribué. Cécile Gondard y revient.
    Les femmes ont toujours travaillé, toujours lutté, toujours activement participé aux mouvements sociaux, politiques et syndicaux ; et les femmes ont régulièrement disparu des histoires retraçant tous ces moments. Sous des angles différents, Annick Coupé, Nara Cladera, Elisabeth Claude, Nicole Savey et Fanny Galot reviennent sur la dette du mouvement ouvrier vis-à-vis des femmes. La crise sanitaire et sociale liée au Covid-19 est l'occasion pour Corinne Mélis de dénoncer, et expliquer, cette invisibilité, organisée et à combattre. Elle montre également la nécessité de penser le croisement des oppressions et les débats, souvent difficiles, que cela sous-tend.
    Le récent mouvement sur les retraites n'a-t-il pas démontré la nécessité de genrer nos cahiers revendicatifs, interroge Verveine Angeli. Murielle Guilbert traite de la mixité des listes électorales, tandis qu'Anne Bennot-Millant démontre que les statistiques à propos des violences conjugales fassent disparaître les femmes de plus de 70 ans.
    L'auto-organisation est une priorité. Celle des femmes s'impose. Manel Ben Boubaker, Julie Ferrua, rappellent les premières concernées doivent pouvoir prendre toute leur place Le syndicalisme comme le féminisme ne connaissent pas de frontières. D'où les contributions de Cybèle David sur les femmes zapatistes, Leire Txakartegi sur une grève de femmes au Pays basque, Claude Lambrechts à propos du 8 mars en Belgique, Cybèle David et Camille Saugon sur un collectif de femmes à Rome. Gaëlle Differ et Lazritia Zenevitch rappellent que le droit à l'avortement, libre et gratuit, demeure un combat, ici et ailleurs. De même, pour l'action syndicale contre les violences sexuelles et sexistes, dont nous parlent Cécile Gondard, Murielle Guilbert, Corinne Mélis et Odile Binet Enfin, à travers le film Ni les femmes Ni la terre, Lucie Assemat aborde l'écoféminisme, tandis qu'avec Cantomos sin medio, Mylène Colombani nous invite à réfléchir sur un syndicalisme qui doit être culturel.
    Vingt et une femmes, dont dix-huit syndicalistes, ont contribué à ce numéro. Le féminisme n'est pas l'affaire que des femmes, loin de là. Notamment, il doit interpeller l'ensemble des syndicalistes. Mais qui peut mieux en parler que des femmes syndicalistes ?

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  • L'année 2013 a vu se multiplier les commémorations de la marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983, initiée en réaction à la multiplication des crimes racistes et sécuritaires.
    Pourtant, trente ans après, les morts dans les commissariats, entre les mains de la police ou sous les balles des forces de l'ordre n'ont pas cessé.
    Enfin, l'impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes continue de leur être assurée par la justice.
    Ce livre propose une série d'enquêtes, d'analyses et d'entretiens sur des affaires récentes et sur le combat menée par les proches et les familles des victimes pour obtenir la vérité et la justice sur ces morts.
    L'ouvrage donne la parole à ces familles et livre une série d'analyses sur le racisme d'État, l'impunité judiciaire dont bénéficient les violences et les crimes policiers.
    Il tente également d'offrir des pistes pour s'organiser contre la « présomption de légitime défense » accordée à la police, contre la propagande médiatique, contre l'oubli qui permet à ces crimes de se reproduire depuis des dizaines d'années contre les habitants des quartiers populaires désignés comme l'ennemi intérieur.
    En pleine offensive islamophobe, dans un contexte de montée de l'extrême droite et de radicalisation à droite de l'ensemble du champ politique, ce livre vient apporter un éclairage sur le fonctionnement de la police et de la justice française du point de vue de ceux qui les subissent.
    On pourra notamment lire un entretien avec Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, mort le 1l janvier 2012, à la suite de son interpellation violente par une dizaine de policiers.
    Un autre avec Amal Bentounsi, la soeur d'Amine Bentounsi, abattu d'une balle dans le dos le 21 avril 2012, à Noisy-le- Sec. Amal Bentounsi fait par ailleurs l'objet d'une plainte du ministère de l'intérieur pour diffamation.
    Le Parti des Indigènes de la République et la Brigade Anti-Négrophobie livrent pour leur part une analyse du racisme d'État et de la persistance des crimes policiers et des agressions islamophobes dans le contexte actuel.

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  • Ce livre est né de la volonté de rendre visible le flux permanent de personnes qui meurent victimes de l'État policier français.
    Elles ont été étouffées, abattues, percutées, battues à mort, lors de contrôles, d'arrestations, d'expulsions, de mouvements sociaux, ou dans d'autres circonstances encore, par des policiers, des gendarmes.
    L'auteur, le collectif Cases Rebelles, s'empare ici de la forme du portrait militant, hérité de l'art mural, du graff, d'artistes activistes comme Emory Douglas, et largement réactivé dans les mouvements actuels contre la police raciste aux États-Unis, avec Oree Originol notamment.
    Le dessin rompt avec la froideur clinique des listes. Facilement diffusable, affichable, il est une tentative de reprendre la rue et ses murs.
    Le récit des circonstances et des suites judiciaires permet de saisir comment toutes ces petites histoires, souvent tombées dans l'oubli, forment la grande Histoire de la domination policière en France et son caractère à la fois de classe, raciste et colonial.
    Quelques familles ont obtenu une forme de reconnaissance et de justice, mais dans leur grande majorité, elles ont fait face à l'impunité.
    Les dessins se veulent aussi porteurs d'amour pour les victimes et de solidarité pour leurs proches.

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  • Un éclairage inédit de l'histoire sociale et politique de l'Irlande qui permet de cerner les caractéristiques de l'Ir- lande contemporaine.
    Pour mener à bien sa démonstration, l'auteur allie ri- gueur scientifique - la richesse des sources qu'il mobilise en témoigne - et sens du récit historique dont le souffle autorise la lecture par le plus grand nombre.
    Depuis la partition de 1922, les deux entités constitu- tives de l'île d'Irlande se sont distinguées des autres démo- craties d'Europe occidentale par bien des aspects, notam- ment dans la sphère politique où les clivages reposent sur une dialectique autre que socio-économique.
    Ainsi en est-il de l'Irlande du Nord où chacune des deux principales forces antagoniques fonde sa raison d'être sur la défense d'un ordre défini en termes à la fois politique et ethnico-confessionnel. En clair, à chaque communauté ethnico-confessionnelle correspond une étiquette politique particulière : nationaliste pour des catholiques minoritaires, favorables au rattachement du territoire au reste de l'île ;
    Unioniste pour des protestants majoritaires, favorables au maintien du territoire à l'intérieur du Royaume-Uni. Pa- reille opposition fut à l'origine d'un conflit de près de trente ans qui ne prit graduellement fin qu'à partir des années 1990.
    Quant à la République d'Irlande, les deux organisations conservatrices constituant l'assise de son système bipartisan, le Fianna Fáil et le Fine Gael, sont nées sur fond d'antago- nismes à caractère essentiellement constitutionnel, lors de la révolution de 1916-1923, entre partisans et adversaires du traité anglo-irlandais de 1921. Lequel entérina la division de l'île et la création d'un État semi-indépendant dans sa partie méridionale, où le facteur religieux a également joué depuis un rôle prépondérant, au travers d'une Église catho- lique à qui les quasi pleins pouvoirs furent octroyés pour exercer un magistère conforme aux us et coutumes d'une population à dominante rurale et agricole.
    Cet ouvrage se fixe donc pour principal objectif d'inter- roger l'histoire afin de déceler les origines des particularités idéologico-politiques de l'Irlande.
    Dans cette perspective est proposée une analyse des courants politiques et sociaux qui se sont réclamés du na- tionalisme irlandais. Analyse consistant à mettre en lumière leur vision d'une Irlande émancipée : autonomie ou indé- pendance ; monarchie ou république ? ; conservatisme ou progressisme ? ; réforme ou révolution ? ; exclusivisme ou irénisme ?
    Est pris pour point de départ historique de cette étude, un long 18 e siècle qui vit germer toutes les obédiences du nationalisme contemporain, lesquelles allaient éclore et s'épanouir tout au long de l'Union anglo-irlandaise de 1801-1922, pour devenir omniprésentes au lendemain de la révolution de 1916-1923.
    L'ouvrage permet de comprendre le nationalisme répu- blicain - incarné aujourd'hui principalement par le Sinn Féin des deux côtés de la frontière - et le nationalisme constitutionnel.
    Mais, au-delà des mouvements strictement politiques visant l'autonomie, l'indépendance du pays ou le statu quo, sont également considérées les couches populaires irlan- daises, paysannes et ouvrières, via l'examen de leurs orga- nisations, dont certaines conférèrent une dimension poli- tique à leurs desseins socio-économiques, contribuant par là-même à poser directement ou indirectement les fonda- tions idéologico-politiques, sur lesquelles repose l'île depuis 1922.

  • Le déclin de la social-démocratie a atteint un point de bascule qui rappelle celui des partis communistes.
    Après avoir transformé la société, la social-démocratie, qui englobait à l'origine socialistes et communistes, s'érige désormais comme une composante de l'ordre établi. Son histoire ne renfermerait-elle pas cependant un héritage subversif ?
    Sans opposer un passé supposé héroïque à un présent décrié, débusquer ce qui n'a pu se faire dans l'agenda socialiste peut éclairer utilement le présent.
    Le Front populaire, le Programme commun de la gauche (1972) - qui portera François Mitterrand au pouvoir (1981) - ou celui de la gauche travailliste de Tony Benn et, plus près de nous, de Jeremy Corbyn, n'ont-ils d'autre souvenir à nous laisser que celui d'avoir été défaits ?
    Que serait-il advenu lorsque les socialistes étaient aux commandes dans un grand nombre de pays, s'ils avaient refusé la libéralisation des capitaux sans harmonisation fiscale préalable en Europe ? Réhabiliter les orientations socialistes audacieuses du passé et les tendances minoritaires vaincues hier ne pourrait-il pas ouvrir la voie pour renouveler le socialisme ?
    Ce qui est mort dans le socialisme apparaît clairement au terme d'un parcours, qui nous emmène principalement dans cinq pays à l'origine de la social-démocratie, Allemagne, Belgique, France, Grande-Bretagne et Suède. Au contraire cependant de l'Europe, où le mot est identifié au renoncement des partis socialistes, aux États-Unis, qui l'ont toujours exorcisé, le « socialisme » a gardé son sens subversif. Au moment où il sombrait en Europe, le socialisme semble avoir retrouvé sa radicalité outre-Atlantique avec Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez. Le legs du socialisme, produit d'une histoire séculaire, permet-il de formuler à présent l'hypothèse d'une gauche de gauche ?
    Rien n'est sûr pour l'avenir. Dans le monde d'après le coronavirus, l'extrême droite est prête à occuper l'espace laissé vacant par la social-démocratie défaillante.
    L'hypothèse socialiste radicale peut alors briser cet élan destructeur et porter l'espoir d'une perspective politique émancipatrice. Le socialisme aurait alors un avenir comme alternative pour que le jour d'après ne soit pas le jour d'avant.

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  • Au Moyen-Orient, le Hezbollah libanais apparaît comme un acteur politique et militaire incontournable tant sur la scène libanaise que régionale. Au Liban, il est, depuis plusieurs années, de tous les gouvernements et a acquis des fortes positions de pouvoir. En Irak et surtout en Syrie, ses détachements armés en lutte contre l'État islamique et en soutien au régime d'Assad ont acquis un poids militaire digne d'une véritable armée.
    Né au début des années 1980 comme l'expression poli- tique des couches chiites libanaises les plus pauvres et mar- ginalisées, victimes d'un système politique confessionnel discriminant, le Hezbollah s'est imposé comme le principal représentant d'une communauté chiite en expansion qui a connu depuis de profondes transformations sociales avec l'apparition d'une couche bourgeoise qui s'est développée notamment dans la diaspora libanaise dans les pays du Golfe et en Afrique. Ces évolutions sociales n'ont pas été sans conséquences sur la physionomie du mouvement islamique qui s'est adapté au système dominant libanais et accom- pagne désormais activement les politiques néolibérales en cours au Liban, au risque de fortes contradictions avec sa base sociale d'origine.
    Parmi l'ensemble des organisations islamiques prépon- dérantes sur les différentes scènes de la région, le Hezbollah présente de nombreux attributs qui sont communs à ces nouveaux acteurs politiques. Son étude permet donc, au-delà de son cas spécifique, de mieux appréhender la nature particulière des mouvements islamiques.
    L'auteur se refuse à réduire ces mouvements à leur na- ture religieuse ou de céder à un orientalisme hasardeux.
    Dans le cas du Hezbollah, il nous propose d'appréhender son développement dans le cadre des transformations so- ciales et économiques du Liban, notamment de celles de la communauté chiite libanaise.
    Aussi successivement, l'ouvrage, après une courte in- troduction à l'histoire du Liban, analyse l'émergence du Hezbollah dans le cadre du système confessionnel libanais et sa mutation sociale et politique.
    Il examine ensuite les relations du mouvement isla- mique à la société civile libanaise et plus particulièrement son opposition aux mouvements sociaux et au mouvement syndical.
    Enfin, il traite du développement de son appareil mili- taire et de sa politique étrangère, notamment à l'égard des printemps arabes et du soulèvement syrien.
    Au terme d'un séjour d'un an au Liban où il a rencontré les principaux acteurs politiques et sociaux du pays, l'auteur nous propose une étude documentée et sans concession.
    Son ouvrage est issu de son doctorat sur le Hezbollah de la « School of Oriental and African Studies » de l'Université de Londres.

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  • En 1989 le premier syndicat SUD voit le jour aux PTT, en rupture avec une CFDT en plein recentrage.
    Le titre de cet ouvrage fait d'ailleurs référence aux «?moutons noirs?» fustigés par Edmond Maire, secrétaire générale de cette confédération de 1971 à 1988.
    Ces syndicalistes essaimeront au cours de la décennie suivante dans différents secteurs?: santé, éducation, SNCF, etc. pour constituer aujourd'hui une union syndicale singulière dans le paysage syndical hexagonal.
    Quelle était la place des femmes et des revendications féministes lors de la création de ces syndicats?? C'est la question à laquelle cet ouvrage tente de répondre.

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